Comme Denis raconte son « itinéraire spiritueux* » au fil des saisons dans son livre, nous vous racontons l’itinéraire d’un couple de vignerons qui a mis la vigne au centre de leur vie.
un duo complémentaire
Au coeur de l’actualité lors des vendanges 2020 avec la sortie de son livre « Les larmes de ma vigne », co-écrit avec le journaliste Antonio Rodriguez, Denis Pommier est un homme avant d’être un vigneron. Un homme pétri de doutes et d’humanité qui avec son épouse forme un duo complémentaire.
L’histoire débute en 1990.Isabelle et Denis reprennent deux hectares de terres familiale. Jusqu’alors leur production était vendue en vrac au négoce. A partir de 1991, et jusqu’en 1998 ils plantent leurs vignes de Chablis. Entretemps, en 1994, ils mettent en bouteille leu première cuvée et l’année suivante créent une cuverie. Ils décrochent leurs premières récompenses sur ce millésime 1994 (Médaille d’or au concours des vins de Chablis, et 2 étoiles dans le réputé Guide Hachette des Vins). Ce début de reconnaissance les rassurent sur leurs choix.
Le bureau, passage obligé pour les clients allocataires du domaine
vendanges à la main en chablisien
En 2004, la vendange entière en caissettes devient une priorité du domaine. Aujourd’hui 7 hectares sont récoltés à la main (en majorité les premiers crus) et le reste à la machine. Aussi, en 2008, et afin d’être plus efficaces au moment de l’arrivée des grappes, ils revoient complètement la réception de vendange. Leur cuverie « tout inox » est entièrement thermorégulée pour contrôler la fermentation et l’élevage des vins blancs sur lies fines. La vinification est parcellaire afin de préserver au maximum sa typicité intrinsèque. Une partie des cuvées fermente en fûts de chêne d’âges et de tonneliers différents. Ainsi aucun « style » de tonnelier ne domine.
Nous sommes en 2009...
Le couple choisit la voie « biologique » sur une grande partie de son vignoble. Ils travaillent les sols, suppriment les insecticides, herbicides et anti-botrytis. Tout comme ils abandonnent les levures exogènes** au profit des levures naturelles. En 2011, ils actent auprès de l’organisme certificateur Ecocert leur conversion vers l’agriculture biologique pour tous leurs vins blancs. L’année suivante, ce sera le tour de leur Bourgogne pinot noir.
2014, verra la certification Agriculture Biologique
pour les 9 hectares de Petit Chablis, comme pour les Chablis et Chablis « Croix aux Moines », le Chablis Premier Cru « Côte de Léchet ». Suivent en 2015, Les premiers crus « Fourchaume », « Beauroy » (redevenu « Troesmes » depuis 2106) et enfin le Bourgogne pinot noir.
Derrière chaque grand vigneron il y a une vigneronne !
Ici Isabelle Pommier dans la cave présente la cave le dernier millésime.
Commerce en lune ascendante
Leur Chablis « Croix aux Moines » 2010 est élu meilleur Chardonnay du monde. Si chaque millésime apporte son lot de récompenses critiques pour le couple c’est la satisfaction du client final qui prime. Mais 2016 arrive et met un frein au développement. Entre grêle et mildiou deux années de disette passent. Endettés au maximum, les Pommier créent la gamme « Grain de Survie » et… survivent aux aléas climatiques.
Si ces étiquettes n’affichent pas le label, ils permettent au couple de conserver le logo vert sur le reste de leur vignoble.
Aujourd’hui avec 23 hectares bâtis à la force de leur travail, ils font rayonner leurs Chablis sur les cinq continents. Et malgré la forte demande ils reçoivent toujours l’amateur dans la petite cave voutée de leurs débuts. Une cave que tout buvologue devrait avoir habité quelques heures.
Reportage & photographies,
Guillaume Baroin![]()
* emprunt au superbe livre de Gérard Oberlé
** levure de synthèses, non naturelles
MILLESIME 2023
VINS BLANCS
Bourgogne Chardonnay « Grain de survie«
Une robe pâle dévoile un caractère aromatique de roche humide et de craie mouillée. Son attaque de bouche est ample avec une finale tout en largeur.
Bourgogne Pinot Beurot « Grain de survie«
Un jus gras coloré comme un miel liquide affiche des senteurs de fleurs en bouton. Sa trame est large avec un milieu de bouche charnu comme une huitre N°2.
Petit Chablis « Hautérivien »
Tout l’éclat du chablis habite la robe et le nez de ce vin aux senteurs de coquille d’huitre. Sa texture apparait en majesté avec un fond de vin généreux à la terminaison saline.
Chablis
Des fragrances de fleurs jaunes habitent le verre : tilleul, genévrier, coucou des près… D’entrée sa matière tactile vous donne l’impression de briser une pierre calcaire en bouche. Un vin pour amateur de Chablis droit et vertical.
Chablis « Croix aux moines«
Au nez, un parfum marqué d’iode marine et de marne grise. Au palais, arrive une trame solide relancée par une finale salivante.
Dans ce millésime généreux, les 2023, empreints de digestibilité, ont conservé l’esprit chablisien jusque dans leur finale iodée. GUILLAUME BAROIN
Chablis 1er cru « Troesmes«
Dans le verre, des notes profondément chablisiennes : roche mouillée, calcaire broyé, embrun… Son milieu de bouche est tactile avant de relâcher avec une finale iodée qui vous fait saliver de plaisir.
Chablis 1er cru « Côte de Léchet«
En 2023, « Léchet » joue avec de fins parfums floraux : lilas blanc et jasmin. Au palais, le fruit blanc de la poire Guyot est clair comme de l’eau de roche. Sa fin de bouche est vibrante par sa salivation.
Chablis 1er cru « Fourchaume »
Une robe jaune tendre cache des senteurs de bouton de rose et de pivoine. Sa matière est juteuse, large car enrobée du fruit de la nectarine blanche. Sa terminaison salivante signe son terroir.

VINS ROUGES
Bourgogne Pinot Noir « Grain de Survie«
Au premier regard, la robe est celle d’un belle grenadine. La parfum du pinot met en avant un entêtant pot-pourri de roses. Une fois en bouche le tannin est droit, clair lui conférant une digestibilité supérieure et une finale salivante.



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