Chez Pierre-Julien Duroussay, Margot n’est pas un château !


Entre ses jarres et ses fûts Pierre-Julien à trouvé son équilibre

Nous l’avions rencontré dans sa première vie professionnelle. Une vie qui l’a ramené à la vigne. A moins que ce ne soit l’inverse.

Pierre-Julien, millésime 1985, est un fils de vigneron. Sa première vie professionnelle il la vit avec passion à raconter celle des autres. Journaliste à temps plein pour le Journal de Saône & Loire, son attachement à la vie locale est une évidence. Il n’est jamais bien loin du domaine viticole de son père. Alors il tourne autour comme une pie autour de son objectif. C’est d’ailleurs la pie, appelée « Margot » dans le mâconnais qui a donné à son nom à ce domaine haut perché. Avant de s’installer dans le nid, Pierre-Julien mêle ses deux passions. Après avoir quitté le journal, il travaille pour le site de vente en ligne de vins « Vente à la Propriété ». De 2014 à 2017, il écrit les textes sur les vins. Bientôt, il va les presser…

L’ex-journaliste dans sa salle de presse...

Pour apprendre un métier il faut se former. Après l’école de Journalisme direction à l’école de viticulture. Entre 2027 et 2028, il passe un BPREA au lycée voisin de Davayé. Pierre-Julien ira encore moins loin pour son apprentissage. Il le fera dans le domaine de son père. Il nous explique que c’est pour lui un regret de ne pas avoir vécu cette expérience plus au nord de la Bourgogne ou dans un autre vignoble. Pas le temps de pleurer sur le lait renversé, il a mille projets à mettre en oeuvre…

Dans le bâtiment de stockage le bois habille les bouteilles
de sa chaleur végétale

Planter des vignes c’est bien mais il faut avoir de quoi accueillir la récolte. Comme il ne peut pas pousser les murs de son père il ajoute les siens derrière. Un nouveau chai de stockage, une cave semi-enterrée, des bureaux et surtout un magnifique caveau de dégustation avec vue sur la vallée et son château historique. L’ensemble du bâti est très esthétique, fonctionnel et réfléchi. En plus il s’intègre parfaitement dans le coteau.
Dans la cuve l’inox rutile, rien ne traîne par terre. Nous lui faisons la remarque que l’on peut manger à même le sol. Et le vigneron de nous répondre : « Non ce n’est pas encore assez propre… (…) j’ai des tocs » nous dit-il comme pour s’excuser. Toute cette propreté ne l’empêche pas de vinifier uniquement avec des levures indigènes. « Sauf cette année… » explique t’il.

Le caveau de dégustation vu depuis le chai

serial vendeur

L’ancien journaliste aurait pu vendre le journal à la criée. Le néo-vigneron est partout. A l’export : en Californie, Anglettere, Corée ou encore Mexique. Il vient de faire une collaboration avec un restaurant de Mâcon qui lui prend une cuvée de Mâcon-Villages sur mesure. A l’affût des nouveautés, il vend aussi en Keg®, des bonbonnes de vins sous vide destinée à la vente en bar. Les 10 000 bouteilles de son père sont devenus 65 000 et avec 19 hectares (labellisé HVE3) il a encore du potentiel de développement commercial.

Mais cet amoureux de gamay est toujours en effervescence. Il vient de mettre la main sur 70 ares de Beaujolais-Leynes. En plus du texte, Pierre-Julien vous donne le titre. Ce sera : « La croisée des chemins »
N’oubliez pas de mettre des cailloux blancs dans vos poches quand vous repartirez de son caveau…

Reportage & photographies,
Guillaume Baroin

Millésime 2025

Le vigneron et ses vins vous attendent

Bourgogne Aligoté « La Pie Rouette »

Les trois hectares de granit se posent sur un parfum végétal de lilas en bouton. En bouche, il tire sa texture séveuse de la fraîcheur de son altitude de 380 m et de son exposition froide à l’est. Un réveil-papilles ! 9€

Mâcon-Pierreclos

C’est 100% vivifié et élevé en cuve béton et c’est très bon. Une pure gourmandise liquide qui tourne autour d’un fruit jaune juteux. La bouteille faite pour ceux qui veulent descendre les côtes sans attendre. 11,50€

Saint Véran « Aux Colas »

La cuvée « chouchoute » de Pierre-Julien. Seulement 1800 bouteilles qu’il aurait aimé vendre en décalé… Mais le commerce prime encore sur la cave. Des notes aromatiques bodybuildées par le boisé. Voilà un Saint Véran structuré et puissant. Il sera encore meilleur dans un hiver. 19€

Lors de notre passage un propriétaire de vigne que Pierre-Julien loue est gentiment venu tailler la bavette… et se faire payer un verre !

Mâcon-Pierreclos

Ces vieilles vignes ont été égrappées avant de macérer quinze jours. Elles en ressortent sous la forme d’une gelée de petits fruits rouges, groseille en tête. Son pâmais est bien fruité entre tannin et acidité. Le poulet est prêt pour dimanche. 12€

Mâcon-Bussières « Les Gardes »

Il a planté un hectare de gamay en 2020. L’année de sa fille, cela ne s’oublie jamais. Voici un vin rouge fluide aux accents de marc de raisin frais. On retrouve cette fraîcheur avec une fine acidité qui lui confère de la digestibilité. 13€

Bourgogne Pinot Noir

Pinot noir précise l’étiquette. Ici c’est plus le rouge léger qui domine. Derrière des accents fumés de sarments brulés sa saveur est croustillante sur la gelée de groseille. Délicat et fin, il se boit sans… Vous avez compris. 15€

Mâcon-Pierreclos « La Pie Côte »

Un tiers en cuve inox, un autre tiers en fûts mais pas neuf et le dernier dans une jarre en grès. La robe est tonique, le nez frais. Au palais le fruit est sec porté par une trame texturée. Un vin de sushis. 13€

Pouilly-Fuissé « Bois Seguin »

Né de 32 ares issus des hauteurs de la commune de Fuissé et planté en 2022. Un liquide vert scintillant par son fruité primesautier autour des fruits jaunes. Un Pouilly efficace qui tourne en boule autour de la langue. 25€

Les vins ont été dégustés le 10 octobre 2026. Dégustation avec et sans rendez-vous.
Tarifs TTC particuliers départ caveau et sur la boutique en ligne :
www.domainecoteauxdesmargots.fr


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