Le renouvellement est-il un problème dans le Beaujolais ? Du haut de ses 26 ans, Pierre Van Oost fait démentir certains pronostics.
Génération Z
Un nom flamand et des origines vosgiennes, rien de tel pour brouiller les pistes. Si en plus, personne dans sa famille ne touche à la vigne, le tableau est complet. Et on ne parle pas de peinture hollandaise. Son père est entrepreneur, sa mère kinésithérapeute. Ils sont quatre frères. Mais du côté maternel, les grands-parents résident sur les hauteurs de Saint-Amour-Bellevue. Le voici, le point d’accroche avec le Beaujolais. Et si aujourd’hui, son frère aîné entame une conversion viti-oeno, ce n’est pas par hasard. La greffe a pris. Clin d’oeil à ses origines, le blason de Nonzeville, son village natal, est imprimé sur les étiquettes et les bouchons. A voir son regard lumineux et son sourire, Pierre ne procrastine pas. Au contraire, il incarne une génération Z décomplexée qui avance.
A la bonne école
Pierre est du millésime 2000. Il n’a pas connu le stress du bug. Il préfère le grand air, les descentes en vtt et la montée au filet. En 2015, au moment du bac, c’est l’heure du choix : Lycée général ou agricole ? Sans hésitation, il poursuit par un BTS Viti-Oeno en apprentissage entre Beaune et Leynes au Château de Lavernette. Une référence du secteur dans les deux couleurs. Il continue même l’aventure avec Kerrie et Xavier de Boissieu en tant que salarié jusqu’à sa deuxième année d’installation.
Qui a dit que c’était mieux avant ?
Le bon vieux Bobard se faufile de partout comme un vélo.
Son grand frère est réservé aux traitements.
S’installer
L’installation débute avec l’achat d’une parcelle de 90 ares à Saint-Amour juste derrière la maison de ses grands-parents. Il y vinifie sur place son « Clos de la Brosse ». A leur décès courant 2024. la question du site ressurgit. Voulant éviter toute pression familiale, il se met en quête d’un nouvel espace de travail. Pierre s’installe à Leynes en avril 2025. Il trouve un ancien fermage à deux pas du domaine des Crays. Il reprend petit à petit des parcelles en location pour la balance financière. Le domaine atteint aujourd’hui 4,9 hectares. Il propose trois Saint-Amour, un Saint-Véran, deux Beaujolais Blancs et un Beaujolais rouge. Aux prochaines vendanges, il passe à 6 hectares en production.
« Clos de la Brosse«
Pierre s’appuie sur Quentin, un saisonnier rencontré au Château de Lavernette. Décidément, un vrai fil conducteur dans son parcours. Pierre lance : « Plus qu’un coup de main, Quentin suit le projet. On bosse pareil, on est aligné. C’est même parfois lui qui prend les décisions. » Toutes les vignes sont en gobelets pâlissés ou presque. Le bon vieux enjambeur Baubard est son jouet préféré pour le travail des sols. Tout est mécanisable à l’exception du « Clos de la Brosse ». Ce dernier en dévers et aux ceps centenaires a droit a un traitement de faveur : atomiseur à la main, labour à cheval et mouton l’hiver en éco-pâturage. Le domaine est certifié Bio écocert, et biodynamique dans les pratiques. Il ajoute : « Je suis convaincu et espère être certifié biodynamique un jour »

Sur mesure
Les pratiques sont réfléchies. Toutes les vinifications sont en levures indigènes, sulfite uniquement à la mise et filtration si nécessaire. Pierre s’adapte aux cuvées : Beaujolais rouge en carbo, Saint-Amour « A la folie » en semi-carbo et « Clos de la Brosse » en méthode bourguignonne. Le domaine n’applique pas une recette type. La connaissance du terroir est déjà là ! Pour l’élevage, il en va de même. Entre 12 et 18 mois d’élevage. « On y gagne en complexité et stabilité » selon lui. L’année 2024, celle du déménagement précipité est l’exception avec un élevage réduit à six mois. Pierre va s’essayer aux primeurs cette année. Il projette même quelques bulles avec une part de gamay plus importante, plus vineuse selon lui. Seul bémol pour le secteur, la part des blancs avec une pression foncière âpre. Chaque chose en son temps. On aimerait un Beaujolais-Leynes, un secteur avec un sacré caractère. Pierre descend volontiers de son enjambeur pour accueillir les visiteurs. Pensez juste à prendre rdv en cas de passage.
Reportage & photographies,
Stéphane Débarbouillé![]()
Dégustation
Les vendanges 2024 débutent le 9 septembre. Les mises ont lieue le 5 avril 2025. Le « Clos de la Brosse » est épuisé. La collection du jour est incomplète car partiellement déjà en rupture. Un bon signe !

VINS BLANCS
Saint-Véran « En Faux » 2024
Lieu-dit situé sur le versant sud du mont Pouilly. Il mêle argile et cailloux. Le nez est à la fois pâtissier et minéral. La bouche offre force et persistance le tout tenu par une belle acidité. Elle se resserre quelque peu. Un vin avec du potentiel de farde. 24,50€
Saint Amour « En Pressins » 2024
Coup de 
Première cuvée en volume du domaine. Un terroir argilo-limoneux délivre un nez charmeur autour d’une fine cerise « kirschée ». C’est l’expression pure d’un vin sur sable. Une bouche droite et tendue avec une finale poivrée. 19€
Saint Amour « A la Folie » 2024
Le sol argilo-calcaire est ici plus profond. Le nez sérieux est dense et la bouche riche. Un fruit sans détour, celui d’une belle fraise écrasée. La bouche prend encore le dessus. Pour un vin équilibré. 20€
Saint-Amour « Clos de la Brosse » 2021
Le millésime de l’installation. Nez légèrement réduit. La griotte arrive accompagnée de petites baies sauvages. Enfin un doux amer d’agrume se retrouve en bouche. La finale est saline. Une première et déjà une réussite. NC
Les vins ont été dégusté le vendredi juin 12 juin 2026. Tarifs TTC départ cave.
Dégustation uniquement sur rendez-vous

671, grand rue
71570 Leynes
Port. +33 06 21 46 69 35
pvanoost88@gmail.com
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