C’est l’exemple type de l’exploitation viticole familiale en Beaujolais mais version « taille humaine ». Jean-Luc est la sixième génération à tailler les vignes en gobelet et à ramasser les raisins à la main. Les vins sont ensuite en bouteille mis à la propriété. Tout cela est réglé comme du papier à musique… La douce musique de ce gamay qui ensorcelle vos sens!
Jean-Luc, millésime 1959, est arrivé en 1981 sur le domaine familial et appris le métier sur le tas. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il s’est « reformé sur les bancs de l’école ». Ce qui est peu commun c’est de voir que l’histoire va sa répéter. Sa fille Laura s’apprête à reprendre la vigne et se formera à la viticulture après une première vie professionnelle dans l’événementiel sur Paris. Elle va continuer de faire de son père un retraité actif.
Dans la famille Longère, le travail de la vigne est conduit en lutte raisonnée depuis 1987. Pas de conversion biologique en vue mais Jean-Luc a implanté des bandes fleuries entre ses rangs de vignes depuis 2005. Pas de tracteur non plus. Tout le travail du labour est réalisé au treuil. Dans ces coteaux sablonneux et escarpés c’est le mieux. C’est physique mais c’est mieux. Sur la commune du Pérreon, on retrouve le même granit rose que sur le cru Fleurie. Ici, le sieur gamay devient Beaujolais-Villages sous différents noms de cuvées. Son brillant vassal, le chardonnay, bien que minoritaire, donne naissance à deux cuvées blanches et à un crémant élaboré à façon à partir des propres raisins du domaine. Enfin le Beaujolais-Villages rosé apporte sa lumière estivale aux soirées d’été. Une gamme courte mais complète car le vigneron aime à dire : « Qu’il en faut pour tout les goûts ».
En matière de vinification, Jean-Luc vinifie en grappes entières ou partiellement égrappées, selon le profil du millésime et de la cuvée. Béton, inox, chêne, terre cuite, l’homme a essayé (presque) tous les types de contenants. Depuis le millésime 2016, les vins s’affinent et tirent vers des caractères de plus en plus distincts.
Tout le domaine passant en bouteilles les vins circulent partout en Europe mai surtout en France. Le particulier est chouchouté. Il a même droit (sur réservation) à des dégustations commentés dans les vignes avec un pique-nique bachique mis en musique par Delphine et Romain Barthe de l’Auberge de Clochemerle, un des hauts lieux de la gastronomie en Beaujolais. Cela tombe bien car l’homme produits » des vins qu’on mange ».
Comme il n’a « que » quatre hectares, Jean-Luc garde du temps pour les autres. En délégation pour l’Interprofession des vins du Beaujolais, il est en charge d’organiser les dégustations pour les journalistes du monde entier qui viennent « goûter le Beaujolais ». Pour l’avoir rencontré et sollicité dans cette fonction nous pouvons vous dire que l’homme est d’un caractère équanime mais aussi disponible, curieux et surtout énormément à l’écoute.
En fait, il est aussi comme cela quand il reçoit ses visiteurs dans sa jolie cave voutée en pierres rondes. Chez les Longère la dégustation se commence et se termine par un sourire (même sous le masque). Vous n’avez plus qu’à prendre rendez-vous.
Millésime 2019 : récolté à partir du 14 septembre et mis en bouteille entre janvier et février 2020 pour les blancs et au printemps pour les rouges
Beaujolais-Villages
L’étiquette « au coquelicot » en a pris la couleur rouge vif. Cette bouteille est un gamay d’apprentissage : par sa nature au fruité à la fois vif et tannique il vous desoiffera tout en dégraissant la charcuterie.
91/100 7,50€
Beaujolais-Villages « Poivre et Sel »
Sous une robe pinotante se dévoile un boisé floral. La suavité de bouche offre de la fraîcheur par sa longue minéralité. Ce qui interpelle les sens, c’est sa profondeur et sa finale en triangle sur les épices douces. Déjà bon, il sera au sommet dans deux ans.
93/100 9€
Beaujolais Villages « Jarre »
Ce vin a été élevé sans soufre en jarre de terre cuite. Cette cuvée initiée en 2016 est passé de l’expérimentation à un vin authentique. En raison de la grêle la cuvée « Les Roches » a disparu est ce qui restait de raisin et entrée dans la jarre. Le nez est gras sur la cerise qui livre une saveur de fruit à noyaux ferme mais sans épices. Un gamay glou-glou dans l’ère du temps.
92/100 (Le vin est stabilisé est sera mis en bouteille fin février 2021) 18€
Dans tous les vins la sapidité du fruit est la constante. Les fins de bouche sont nettes et vous invitent à partager l’assiette. Si les cuvées de gamay et la cuvée « En Verchères » bénéficiaient d’élevages de deux hivers les vins gagneraient encore en pureté d’expression.
Guillaume Baroin
VINS BLANCS
Beaujolais Villages « Nos 2 Elles »
Le nom de la cuvée vient des deux filles de Jean-Luc et Régine. Sous un liquide au doré doux un parfum de ziste libère une saveur grasse comme une crème fraîche. C’est le plaisir évident d’un chardonnay à la fois mûr et gourmand. Une cuvée à croquer.
91/100 9€
Beaujolais-Villages « En Verchères »
Notre Coup de Coeur
Né sur une veine de pierres bleues offerte au soleil du midi, cette cuvée est passée par 80% de cuve inox et 20% de fûts de chêne. Elle en ressort dans une explosion aromatique de poire et de pomme verte. Sa bouche est large, juteuse et finement vanillée par le fût. Puis le poivre blanc dynamise sa finale et vous fait saliver de bonheur. Un excellent rapport Prix/plaisir.
97/100 10€
Beaujolais-Villages Rosé 2020
Il venait d’être embouteillé alors on l’a dégusté pour vous. Zéro macération dans le pressoir et hop! Ce qui vous donne un vin très vivant pour un vin né de vignes qui touchent le cimetière. le pamplemousse part du nez à la bouche pour vous désoiffer par sa saveur acidulée. Ça tombe bien l’été est en pente douce…
90/100 7,50€
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