Depuis sa récente création par la famille Boisset en 1999 le domaine de la Vougeraie s’est rapidement fait une place parmi l’élite des domaines bourguignons. Avec juste trois chiffres on comprend mieux le mystère des terroirs bourguignons.
Un parcellaire unique en Bourgogne
Le domaine de la Vougeraie c’est 47 hectares pour 37 appellations répartis sur « La Côte » en pas moins de 270 parcelles. Toutes conduites depuis 2001 en agriculture biologique certifiée et travaillées quotidiennement en biodynamie (encore non certifiée) suivant le calendrier lunaire. Fait rare, le domaine possède son propre jardin et son séchoir de plantes aromatiques qui servent aux préparations biodynamiques. De plus, il est le seul à produire la totalité de sa futaille avec les chênes issus de la forêt voisine de Cîteaux qui sont ensuite assemblés en différents formats par plusieurs tonneliers.
Ancienne nouvelle tête
Suite au départ de son vinificateur en 2017 c’est sa responsable commerciale depuis 1990, Sylvie Poillot, une lionne franche comme son signe zodiacal, qui est devenue la nouvelle directrice générale. Passée par l’école hôtelière de Poligny elle cumule les expériences professionnelles en terre britannique et à New-York avant de revenir à Paris où elle sera sommelière au Bristol. De ces années elle gardera le goût de l’excellence, les codes du luxe mais aussi le plaisir du travail en équipe. Epaulée d’Henri et Thomas, ses chefs de culture, elle met les mains dans la terre et suit le végétal depuis sa racine. Camille et Antoine, les œnologues, et Jean-Luc le caviste achèvent en cave leur travail. Le batonnage sur les blancs et la vendange entière sont appliqués selon chaque cuvée et suivant le millésime.
Infusion et non macération…
Selon elle, à La Vougeraie « On ne parle pas de macération mais d’infusion ». L’esprit de leurs vins? « C’est la finesse… »
Malheureusement le domaine ne peut recevoir des clients particuliers. Mais comme 40% des vins sont vendus en France vous les trouverez facilement chez les cavistes ou dans les restaurants de qualité.
Guillaume Baroin
Millésime 2018
Ce vingtième millésime a vu les vendanges débuter le 23 août sur Volnay et terminer le 18 septembre par les Hautes-Côtes de Nuits. Les régionales et les villages ont été mis en bouteille en décembre 2019, les grands crus rouges fin février/début mars et en avril les blancs restant.
Lire aussi : Rencontre avec Sylvie Poillot du Domaine de la Vougeraie
VINS ROUGES
Bourgogne « Terres de Famille »
C’est la porte d’entrée de la cave. Le vin le plus produit au domaine (26 000 bouteilles). Un liquide carmin ou le nez de fumée de sarments se mêle au graphité du chêne de 450 litres. Une fois sur le palais, on attendait un peu plus de chair autour de l’os. Toutefois le fruit vous fait claquer la langue et saliver par sa fraîcheur.
89/100
Volnay
« Ez Blanche » et « Clos des Chênes » sont des sols calcaires situés sur le haut du village. Robe de pourpre pour un élégant nez de pivoine et d’iris avec de fines notes d’épices vertes. La mâche débute ferme et malgré ses 14,2° naturels (le plus gros degré des 2018) le fruit noir est proche de la pulpe de cerise. Sa longueur en impose. A voir sur cinq ans.
92/100
Nuits Saint Georges 1er Cru « Clos de Thorey »
Trois hectares situé côté Vonse-Romanée pour un monopole dédié au pinot noir. La jeune vigne est égrappée et la vieille vigne passe en vendange entière. Il marie les cheveux blancs et les cheveux blancs de la vigne. En ressort la finesse colorée d’un pinot franc au nez d’abord austère sur le fumée boisé. Il offre une légère sévérité de tannins qui fera sa qualité dans le temps. Comptez dix ans.
94/100
Corton Grand Cru « Clos du Roi »
De ces vignes plantées en 1951/1952 est né un volume de chair brune au parfum de blonde : rose fanée et magnolia en fleur. La pureté du fruit frais et sa persistance offre une saveur franche et salivante. Un dandy de pinot qui vieillira avec classe.
94/100
Charmes-Chambertin Grand Cru « Les Mazoyères »
C’est la plus vieille vigne du domaine (1901/1902), aussi pour respecter cette vieille dame elle a été vinifié en raisins entiers. Sous une robe mauve comme un pétale d’iris, la vendange entière apparait dans sa floralité ornée d’une couronne d’épices (cannelle, muscade). Sa trame épaisse en fruit mais pur en tannin, en fait un vin fin qui évoque les classiques. La grande classe.
98/100
Dans ce millésime des plus solaire, le choix d’une récolte en plusieurs passages s’est avéré plus payant sur les chardonnays que sur les pinots noirs. Les blancs ont de l’éclat dans la fraîcheur tandis que les rouges devront affiner leurs muscles à l’ombre de la cave.
Guillaume Baroin
VINS BLANCS
Côte de Beaune « Les Pierres Blanches »
Sur le sommet de la montagne de Beaune trône un bel hectare de chardonnay au parfum de rocaille. Ici, à 350 mètres la pierre calcaire se fait dorer au soleil et restitue sa chaleur la nuit. Le paradoxe est que c’est la fraicheur qui domine dans une bouche tendue par un grain serré comme un nucléon de silex. Par sa saveur pénétrante, ce vin se situe au-dessus de son appellation.
96/100
Vougeot « Clos du Prieuré », notre Coup de Cœur 
Ce monopole de 82 ares labouré au cheval à été une des premières parcelle à obtenir le label biologique. Longée par la Vouge (la rivière qui a donné son nom au village de Vougeot) c’est le garde-manger des canards qui y barbotent. Ce n’est pas un hasard si derrière son liquide vert vif on perçoit de vaporeuses notes de fleurs d’eau comme le nénuphar. En bouche on subodore le côté limoneux mais extrêmement frais. Il clos son chemin par une minéralité iodée qui évoque un Chablis. Un vin intégral qui se boit déjà pour lui-même.
98/100
Vougeot 1er cru « Le Clos Blanc de Vougeot »
Monopole de chardonnay encore plus emblématique que les grands crus de la colline du Montrachet, cette vigne d’1,40 hectares aura été vendangé en cinq passages. Ce qui annonce déjà sa complexité. Une touche de menthol, une d’amande en fleur avec une pointe de viennoiserie forment le nez. Sa texture propose un extrait sec, toujours aussi ferme en jeunesse. Cette puissance intérieure est un atout pour la cave. Ayez la patience du moine, attendez 2024 pour l’ouvrir en évêque.
95/100
Charlemagne Grand Cru
S’il ne revendique plus le nom de son père Corton Ce charlemagne est né deux parcelles qui ont été vendangées à deux semaines d’écart contre habituellement 5 à 7 jours. Du jamais vu. De ces exposition différentes, il se dégage un parfum d’amande verte. Enivrante. L’attaque est massive puis s’enfuit avant de revenir en force comme une vague marine à l’écume iodée. Si vous en l’aimez en prince, attendez-le comme un empereur.
96/100
LES VINS ONT ÉTÉ DÉGUSTÉS PAR GUILLAUME BAROIN LE 3 DECEMBRE 2020 AU DOMAINE ET REPRESENTENT UNE SELECTION DE CUVEES ENCORE DISPONIBLES A LA VENTE.

7 bis, rue de L’Eglise
21700 PREMEAUX-PRISSEY
(+33) 03 80 42 68 25
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