Les Assises de l’agroécologie en Beaujolais


Les racines de la vigne décryptées par Marc-André Selosse, biologiste et pédagogue en pleine intervention

Le mercredi 28 juin à Liergues, 150 acteurs du Beaujolais sont venus assister aux secondes Assises de l’Agroécologie au Château de l’Eclair.

des assises du tonnerre

Remercions l’Interprofession du Beaujolais et la SICAREX* pour l’organisation de cette réunion. Il est 9h et tous les participants sont déjà présents dans la cuverie du domaine. En préambule, Bertrand Chatelet,  directeur de la SICAREX rappelle le lien historique du Château de l’Eclair avec l’expérimentation. Nous sommes dans l’ancienne propriété de Victor Vermorel, inventeur du pulvérisateur de bouillie bordelaise. La première édition au Lycée de Bel Air était plus ouverte. Cette édition plus précise porte sur la vie des sols, celle des racines, des amibes ,des champignons et autres organismes vivants liés à la vigne.

  Les intervenants

Philippe Bardet, vice-président de l‘Inter-Beaujolais. Marc-André Selosse, biologiste au Muséum d’histoire naturelle. Jean-Yves Cahurel, IFV (institut français de la vigne et du vin) et le bureau de l’association VVB (Vigneron.ne.s du Vivant en Beaujolais).

lors de ces secondes assises, la cuverie du Château de l’Eclair bouillonne d’activité

Une assemblée à 3 étages

Une conférence pleine de vie à travers le regard de Marc-André Selosse. Une parole directe, vivante et sans détour. Les deux tiers de la masse végétale sont souterraines. La question est de maintenir un sol vivant pour mieux protéger la vigne. Inter-rangs, couverts végétaux, semis et labours ne sont pas toujours les meilleures réponses. Comment s’adapter?
Des échanges nourris s’en suivent avec des vignerons : Laura Lardy pose la question de la faisabilité sur des vieilles vignes en gobelet. Marc-André Selosse répond en inversant le problème : « Dites-moi comment vous voulez enherber, je vous dirais l’espacement ».
Hadrien Houbert, autre vigneron fleuriaton regrette que la question du tassement des sols n’ait pas été abordée. Pour le biologiste, la réponse est claire :  « le labour = le tassement des sols« . La théorie et la pratique ne sont pas toujours raccords.

les membres du bureau de l’association Vigneron(-nes) du Vivant en Beaujolais (vigneronsduvivantenbeaujolais@gmail.com)

retour d’expériences

Un point de Jean-Yves Cahurel sur les analyses menées par l’Institut Français de la Vigne (IFV). Les graphes se succèdent et l’on peut apprécier la différences entre les sols calcaires et granitiques, cartes géo-pédologiques à l’appui.

Pour finir, un retour d’expériences de vignerons à travers l’association VVB (Vigneron-ne-s du Vivant en Beaujolais). Un trio composé de Pierre Prost le président (Domaine de Javernand), Jonathan Buisson, Vice-président (Les Roches Bleues) et Julien Bertrand, trésorier. Une association de 22 producteurs fondée en 2019 dont les pratiques questionnent un travail responsable et viable. Phytothérapie et amendements sont au coeur de leur fonctionnement. Il nous tarde de faire le point avec cette association et de goûter leurs premiers résultats.

 Une troisième mi-temps également

Esprit Beaujolais oblige, les échanges se poursuivent autour d’un buffet froid servi dans la cave à foudres du Château. Rien de tels qu’une assiette et un bon verre de Beaujolais-Villages pour dénouer les consciences. C’est aussi l’occasion de croiser les champs entre vignerons et institutions.
Rendez-vous en 2023 pour la troisième édition.

Reportage & photographies,
Stéphane Débarbouillé

*pôle technique et d’expérimentation du Beaujolais. Au sein du Château de l’Eclair, un vignoble produit des vins labellisés

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