« retourner comme une crêpe » : ou la revanche du sarrasin


Chaque samedi, Les Buvologues vous proposent de découvrir les origines d’expressions du langage courant qui nous viennent de la cuisine. Et cela ne manque pas de sel…

crêpes au pluriel

A la fois tissu spécial deuil, semelle gaufrée et galette ronde et fine, la crêpe est polysémique. C’est au XII ème siècle que le mot est formé sur le latin crispare, « onduler, friser », une origine qui croustille encore en anglais : là-bas, les chips sont des crisps Crêpe est fait de la même farine que crispercréponcrépi mais aussi crépinette, ce terme de passementerie passé dans la boucherie : c’est ainsi qu’on appelle la dentelle de gras ondulée qui recouvre terrines et pâtés.

l’art du retourné

Retourner quelqu’un comme une crêpe demande du doigté : il s’agit de le faire choir, et surtout, aujourd’hui, le faire changer d’avis. Mais retourner une crêpe, c’est tout un art : que ce soit à la poêle ou sur un bilig, cette plaque de fonte ronde maniée avec dextérité en Bretagne pour cuire les krampouz, il ne faut pas avoir deux mains gauches!

les sarrasins attaquent

Pseudo-céréale chinoise, le sarrasin n’est pas un souvenir des croisades mais une influence venue de l’Est. Dans les terres pauvres bretonnes, c’est au XVI ème siècle que commence la culture de « la plante des cent jours ». Attention, si côté Finistère, on mange des crêpes de blé noir, ce sont des galettes – saucisses si possible – que l’on poêle en Pays gallo.

Extrait de
« 150 Drôles d’expressions de la cuisine qui ne manquent pas de sel »
avec l’amicale autorisation de l’auteure Marcelle RATAFIA

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Editions
317 pages, 12,90€

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