Une passion pour le vin depuis son plus jeune âge et un amour sans faille du Gamay. C’est l’histoire d’une bressane qui traverse la Saône.
Du labo aux labours
Bien qu’issue d’une famille d’agriculteurs, personne dans son environnement proche ne la reliait à la viticulture. Voilà ce qu’on appelle une vocation innée!
Un Bac option Labo en poche à Bourg-en-Bresse puis un Bts Viticulture-Oenologie à Davayé. Elle termine son cycle à Dijon en 2019 avec un Master Pro Vigne, vin et terroir. Un premier stage chez Frédéric Berne avec un thème de mémoire prémonitoire : voir une jeune installation.
Un dernier stage de six mois en Corse au CRVI* la conforte dans son besoin d’espace. Elle lance « La recherche c’était bien, la prod c’est mieux! » Les expériences s’enchaînent à l’étranger. Et c’est sans doute la pandémie de Covid qui va la contraindre à un retour précipité dans le Beaujolais.
L’alignement des étoiles.
Au premier abord, on pourrait penser que son parcours est une succession d’aventures. Aujourd’hui, avec un peu de recul, on se dit qu’il est le fruit de sa détermination. Une sorte de Rubik’s cube® sur lequel toutes les couleurs s’alignent miraculeusement. Bref, à tout juste 27 ans, le projet d’Anaïs est en ordre de marche.

« Un contrôle sur tout »
Mais revenons un peu en arrière.
La rencontre de l’étudiante avec Frédéric Berne en 2016 se fait sur le coin d’un stand au palais des Congrès de Beaune. Le déclic d’une dégustation bien arrosée. Elle ne le sait pas encore, mais tous deux vont se retrouver. Une fois stagiaire, puis salariée. « Je voulais tout voir par moi-même, la vraie journée d’un viticulteur ». On aurait pu penser que son travail resterait dans le sillon de son tuteur. C’est sans compter sur sa détermination et son indépendance.
Anaïs sait ou elle va. Elle s’installe en avril 2021.
A la vigne, à la cave
Avec seulement 3,5 hectares en conversion Bio, dont 2,5 ha en production, Anaïs doit également maintenir un complément de revenu chez ses amis Christophe Cordier (mâconnais) et Gilles Gelin (Beaujolais). Aujourd’hui, elle souhaite un vin respectueux de son terroir et à son goût. Elle n’utilise le fût de chêne que pour sa cuvée de Régnié et à dose modérée.
Son Beaujolais-Lantignié, elle le veut avec un fruit pur et sans modération. On confirme. C’est vrai, un gamay sans bois, c’est assez redoutable. Les deux premiers millésimes en dépassent pas les 7000 bouteilles. De nouvelles plantations sont prévues pour 2023. Un cheval partagé avec le domaine de Colette se charge du travail des sols. Une cuvée de chardonnay est dans les tuyaux. Le domaine Pertuizet ne devrait donc pas tarder à prendre son envol.
Son Beaujolais Nouveau « GéGé »
« Mon Beaujolais Nouveau est une bonne carte de visite pour mes clients ». Le nom de cette cuvée est un clin d’oeil au vigneron retraité dont Anaïs récupère une partie de la structure. Ses 950 cols sont (hélas pour nous) tous réservés.
La vigneronne revient sur sa vinification de 2022 : « Ça été compliqué cette année. Pas de pigeage, 4 remontages et 8 jours de macération ». Les jus de tire ont été exfiltrés. Un primeur choyé comme un cru.
Pour la sortie du Beaujolais Nouveau, Anaïs fait la fête aux Sarmentelles, puis le 17 et 18 novembre, elle rend visite à ses cavistes parisiens. Une sacrée ambassadrice pour le Beaujolais!
Reportage et photographies,
Stéphane Débarbouillé
*Centre de recherche viticole insulaire

20, impasse du pigeonnier
69430 Lantignié
www.domainepertuizet.fr
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