Chaque mercredi de cet été nous vous entraînons à la rencontre de nos vignerons Coups de Coeur dans l’appellation Beaujolais Villages.
Voilà une figure du Beaujolais qui dès ses premiers millésimes a bousculé certaines lignes. N’en déplaise à certains, les graines qu’il a plantées, ont germé sur Lantignié et même au-delà...
Une leçon de vie entre pédagogie et optimisme
De 1984, Frédéric Berne est issu d’une famille d’agriculteurs sur les hauteurs de Beaujeu, aux Ardillats. Il aime à rappeler la ferme paysanne de ses parents. L’ancienne cuverie de son père est depuis devenue son habitation. Son père reprend la viticulture de 1989 à 2002 dans une période difficile. Plutôt bon élève, Frédéric préfère le terrain au grand désespoir de son père. « J’ai vu mon père arrêter la vigne » lance Frédéric. Evènement fondateur à n’en pas douter.
la porte cochère du château des vergers est toujours ouverte
Il valide un BP VitiOeno en MFR à Charentay. Et puis travaille avec JM Dupré et Robert Perroud pendant 9 ans. Et d’ajouter « Ce dernier m ‘a préparé à l’installation. Un grand vigneron inspirant. J’aimerai tellement me retrouver autour d’une table avec lui ». Il pensait reprendre le flambeau, mais la vie est parfois pleine de rebondissement. Une seconde leçon pour Frédéric. On pense plus à un mal pour un bien.
Des « Vergers » à la Vigne
L’anecdote veut qu’en cherchant une salle de mariage, il visite le château des Vergers dont la partie vigne était entre parenthèse. Il s’y marie et puis finalement s’installe en 2014 avec 3 ha en fermage. Aujourd’hui, il exploite 13ha avec un potentiel de 18ha. « Quand t’as hérité de rien, il faut faire son trou ». Frédéric débute avec un pressoir américain et des cuves béton. Tout est à faire. Si son Villages débute et culmine au sommet sa gamme, il propose également un Morgon et un Chiroubles. Il est rejoint depuis peu par Antoine sur la partie commerce et son frère cadet Cédric dans les vignes.
La transparence avant tout
Frédéric est ainsi, il se livre toujours sans rien cacher. « On a monté le dossier du cru. On pense en avoir la légitimité. Nos terroirs ont la même capacité d’un cru ». La première revendication du village sur une étiquette remonte à 1950. En 2015, seuls 14 ha étaient revendiqués en Beaujolais Lantignié. A présent, cela représente plus de 114 ha. Une belle dynamique dans les trois couleurs avec l’installation d’une dizaine de nouveaux domaines. L’objectif est de faire goûter crus et villages pour casser la hiérarchie. Et croyez-nous, les arguments se trouvent bien au fond du verre.
Le bureau est petit, mais grande est la passion de Frédéric
pour les terroirs de Lantignié
Vers un Lantignié Vert
Insatiable lorsqu’il est question des pratiques culturales, Frédéric n’est jamais dogmatique.Pour lui, « l’important, c’est la fertilité des sols et la bonne santé de la vigne ». C’est un peu la guerre froide autour du Bio. Jugé pas assez bio par les bios et trop bio pour les conventionnels. Fredéric a parfois l’impression d’être à part. Et en même temps, pourquoi choisir son camp? On découvre un personnage qui ne laisse pas insensible et qui continue d’avancer contre vents et marées. Il laisse la présidence de l’association des vignerons de Lantignié après sept ans (www.engagement-vins-lantignié.fr). Il est temps de transmettre.
C’est une de ses qualités, avoir accompagné de nouveaux vignerons comme Anaïs Pertuizet, Cosima Bassouls ou plus récemment Maxime Malard. Comme avec ses nouvelles plantations de Souvignier gris partagées avec ce dernier. Un cépage résistant pour un futur « Vin de France ».
Nouvelles étiquettes
Plus que des étiquettes, Frédéric dévoile aux Buvologues les trois prochaines gammes à venir pour le millésime 2023 : « L’Optimiste » avec des vins plus accessibles. « La Pédagogique » pour valoriser les terroirs et « La Collection« couronnée par la cuvée en coeur de presse Beaujolais Lantignié « Harmonie ».
Dix ans après son installation, le vigneron prend un peu de distance avec l’image du Château des Vergers. Ne nous trompons pas, il ne le quitte pas. Mais prépare quelques ajustements. La Grange Charton sur Régnié-Durette semble être une piste pour la partie technique.
Un espace plus opérationnel, comme une affaire à suivre. La partie cuverie du Château reste attachée à l’oenotourisme. Sans oublier le lieu ou il a vécu le plus beau jour de sa vie.
Reportage & photographies,
Stéphane Débarbouillé![]()



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