Odile, Martin et Pierre Bart forment le trium virat familial d’un domaine emblématique de l’appellation Marsannay. « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » dit le dicton. Vérification.
Une histoire de famille
Martin s’installe à 21 ans sur les douze hectares d’André et Monique, ses parents. En 1987, avec sa soeur Odile ils déménagent pour plus grand dans ce qui deviendra le bâtiment d’exploitation actuel. A ce moment et jusqu’à l’arrivée de son neveu Pierre en 2003, c’est Martin qui fait le vin. La moitié part en bouteille. Le reste au négoce local (aujourd’hui encore 5 à 7% de vrac avec des négoces historiques) On est à la fin des années quatre vingt. La mutation a commencée.
Un Pierre fondateur
Après un BTS viticulture-oenologie à Beaune, Pierre travaille sur la confusion sexuelle* (des vers de la grappe… pas celle des vignerons) au domaine des Comtes de Vogüe à Chambolle-Musigny. Il ne le sait pas encore mais Saint Emilion l’attend.
Il y découvre la technique du micro-bullage chère aux « oenologues mondoviniens ». Puis il taille la route pour la Nouvelle-Zélande où il découvre « un autre monde » . Et apprendra, selon ses mots, « le business du vin ». Une fois vinifié le 2003, il repart quatre mois en Afrique du Sud ou il touche à de nombreux cépages et tâte même au marketing viticole. En rentrant il fait évoluer l’étiquette pour plus de lisibilité. C’était nécessaire.
Nouvelle ère
Le domaine est depuis passé à 21 hectares et l’ancienne et unique cuvée de Marsannay se décline désormais sous neuf étiquettes. Avec son oncle Martin, Pierre fait partie du groupe DEPHY Bourgogne qui a pour but d’ici 2025, de réduire d’ici de moitié l’usage de produits phytosanitaires (Plan national Ecophyto). La réflexion engendre l’action. Chaque travail du sol est pensé, à partir de leur troisième année de vie tous les ceps sont effeuillés. Depuis l’arrivée de Pierre aucun vin rouge n’est filtré.
L’élevage long favorisé
Résultat : Les vins partent comme des petits pains. 100 000 bouteilles par an : 25% export, 35% professionnels et surtout un gros 40% de particuliers que l’un ou l’autre membre de la famille reçoit au caveau.
« Le Marsannay c’est l’avenir par ses différents climats » clame t-il verre en main. Car il en est sûr, le classement des futurs premiers crus que sa génération porte depuis 2007 est en voie de finalisation. Pierre est de ces Avant de ressortir le tire-bouchon.
Reportage & photographies,
Guillaume Baroin![]()
* Utilisée en viticulture et en arboriculture cette technique de lutte contre les parasites vise à perturber leur système hormonal de reproduction.
Millésime 2019
Les vendanges ont débuté le 10 septembre et se sont achevées le 19. Les vins ont été embouteillés entre novembre 221 et mars 2021. « Un millésime concentré (35 hectolitres/ha) et riche à tout point de vue. Et sans surmaturité! » dixit Pierre Bart.
VIN ROSé
Marsannay
Unique appellation village qui se présente dans les trois couleurs la famille Bart lui conserve l’esprit d’un « vin saisonnier » selon Pierre. Deux tiers de pressurage direct, le reste en macération. On aime ses reflets orangés et son parfum de zeste. C’est un rosé solide construit autour d’un noyau de vin chaud froid. A marier avec un couscous.
9,50€
VINS ROUGES
Coteaux Bourguignon
Voilà des gamay octogénaires mais élevés en tonneaux de deux à quatre ans. Un rubis chatoyant libère un nez fruité de cerise griotte. Sa finale acidulée tranchera le saucisson jusqu’a la ficelle! Un excellent rapport prix/plaisir.
7,50€
Fixin 1er Cru « Hervelets »
Le jus est rouge vif comme si on avait mixé une framboise dans le verre. Sa texture fortement épicée sur l’amer noble du ziste ressort dans une mâche forte. Tellement intense qu’elle avale tout cru les 25% de fûts neufs. Un vin d’automne au coin du feu… à l’automne prochain!
36€ ![]()
Par leur pureté de fruit et leur volume de bouche, la famille Bart propose des grands vins à prix accessibles qui vous donnent envie de passer à table.
Les Marsannay
Marsannay
Pas moins de six parcelles entrent dans cette grande cuvée. Une rouge comme une cerise burlat. Avec sa matière ferme au grain serré et sa pulpe c’est un véritable vin de viande.
12€
Marsannay « Finottes »
Né sur des sables les grumes ont séchées : seulement 22 petits hectolitres par hectare. Sa trame aromatique se montre encore graphitée par son élevage. Dès son attaque le côté gourmand car enveloppé par un fruité généreux se pose sur les papilles. Une « Finotte » solaire à la saveur froide. Bref, un canon!
14€
Marsannay « Montagne »
Un doux parfum boisé éclair un nez de rose en bouton tandis qu’un rubis vif éclate dans le verre. Les 20% de vendanges entières amènent du « roulant » au coeur de bouche pour un final aérien. A boire comme à attendre deux hivers.
14€ ![]()
Marsannay « Ez Chezots »
Voisine « La Montagne » ce terroir balayé par les vents est qualifie de « froid » par les locaux. Il offre ici une austérité qui confine à la rusticité. C’est un vin sérieux mais qui manque de digestibilité. Plus de vendange entière l’aurait rééquilibré.
Marsannay « Clos du Roi »
Quelle belle tenue de soirée! On respire dans le cou du verre la salicorne et le curry vert. Il débute par une bouche en triangle puis se resserre sur une pointe faisant ressortir la juste minéralité du lieu.
24€ ![]()
Marsannay « Champs Salomon »
Coup de 

Pas de mines dans ce terroir mais un filon de bon vin c’est sûr! Originellement appelé « Champs sous le Mont », sa robe profonde suggère un sol riche (calcaire de Comblanchien et marnes). Son nez aux volutes cendrées cache une saveur ample. Le grain de tannin crayeux livre un retour salin persistant. Un ADN pro-pinot, pro-Marsannay. Une cuvée culte.
24€ ![]()
VINS BLANCS
Marsannay « Les Etables »
Le seul blanc de la carte mis sur un doré intense et éclatant. Une fois passé la réduction poudrée venue de douze mois de fûts et quatre en cuve, il respire les fleurs des près et les herbes folles. Son long élevage a mis en place une fraicheur vive qui rend le vin tonique. On appréciera cette fougue dans sa jeunesse.
17€

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