Les Buvologues vous proposent une ballade vineuse au fil des climats en compagnie du guide vigneron Matthieu Roux.
En ce jour d’avril le fond de l’air vous saisit la peau...
Matthieu Roux a allumé la cheminée dans la salle des vendanges ou nous attendent bien allongées les bouteilles. Le feu y crépite. On a l’impression que l’on n’a pas fermé la porte à l’hiver. Cette impression va se confirmer car dans la nuit le thermomètre et le sang des viticulteurs vont se glacer. Nous sommes le premier jour des « 3 gels ». Cette nuit, un froid polaire va tuer dans l’oeuf des centaines de milliers de bourgeons naissants.
Trois nuits d’angoisse ou les vignerons vont se battre à armes inégales. Sébastien nous prévient. Il a avertit ses collègues qu’il revendait ses bougies inutilisées car tout les magasins étaient en rupture. Et a un prix inférieur à son achat pour montrer sa solidarité vigneronne. « On va allumer pour protéger quelques parcelles mais ce sera trop violent » lâche t-il. Avec ce bon sens paysan hérité de son père Christian, il sait que quand la nature veut prendre, elle est aussi forte que quand elle veut donner.
Les Roux cultivent la vigne depuis 1885
Avec 185 parcelles de vignes réparties sur 70 hectares allant du Mâconnais à la Côte de Nuits, la famille Roux connait bien la complexité du vignoble bourguignon. Leurs parcelles sont réparties sur pas moins de quinze villages à cheval entre les côtes de Nuits et de Beaune, la Côte Chalonnaise (depuis 2004) et le mâconnais (depuis 2016). Un vin sur deux trouve client sur le marché français. Principalement dans la belle restauration, l’hôtellerie de luxe nombres de cavistes renommés.
Matthieu est venu au vin naturellement, après une formation scolaire classique. Son cousin Sébastien, d’un an son aîné, passe par une école de commerce à Paris après une spécialisation commerciale dans le vin. Si cette nouvelle génération est à la tête de ce vaste domaine la famille (Christian, Emmanuel et régis) est à portée de tire-bouchon. Ensemble, ils ont réorganisé les caves mais aussi les élevages qui vont avec. Quasiment tous les formes et les tailles de contenant en chêne sont utilisés. On y trouve nombre d’amphore en grès et également des sphères en béton. Il faut au mois tout cela pour abriter 120 cuvées différentes!
Du coup tout est proportionné en fonction. Le domaine emploie pas moins de trente salariés permanents plus des occasionnels. Des essais sont conduits en bio depuis longtemps sur de nombreuses parcelles mais passer l’ensemble du domaine est un travail de très longue haleine.
11H30
Notre matinée de dégustation se termine.
Matthieu raccroche son téléphone avec le sourire de celui qui sait que sa famille va aider ses collègues face au gel à venir. Toutes les bougies sont parties. Mais pas encore en fumée. Comme une défiance au temps qui passe nous terminons par des vieux millésimes exhumés de la cave familiale. Et les restaurants ayant encore les chaises sur les tables, la côte de boeuf à pris sa place sur le grill de la cheminée. Ce partage simple nous permet de regoûter les liquides en mangeant du solide. Par la fenêtre, le ciel affiche un bleu dur. L’air est toujours aussi frais malgré le soleil.
Si le pire du gel reste à venir, nous aurons vécu le meilleur.
Reportage & photographies,
Guillaume Baroin![]()

DANS UN SOUCI DE CONFORT DE LECTURE NOUS AVONS RETENU VINGT CUVEES REPRESENTATIVES MAIS AUSSI NOUVELLES PARMI LES 40 DEGUSTEES
Récolte 2019
Les vendanges ont débuté le 28 août. Une demie récolte suite au gel (déjà) et à l’échaudage estival. Les dates de mises en bouteilles sont indiquées après les vins.
VINS BLANCS
Bourgogne Aligoté (15/01/21)
Sous une brillance éclatante, le nez surprend par son aromatique de chardonnay, aubépine et églantine en tête. C’est au palais que ‘son retrouve les agrumes propres au cépage. Ce claquant dynamique vient de réveiller vos papilles!
90/100 8€
Bouzeron « Les Fias » (16/02/21)
C’est le premier millésime de cette vigne d’ un hectare acquise par Mathieu et son épouse. Une cuvée qui aura passé deux ans de vie entre fûts et sphère. Si le soufre marque encore un nez très « agrume », la bouche offre une rondeur charnue qui emplit la bouche comme une bulle. Un impact fruité qui tient la dragée haute au citron jaune. En conversion Bio ![]()
90/100 14,50€
VINS ROUGES
Bourgogne « Les Corcelottes » (01/12/20)
Ils sont rares les Bourgognes issus de la commune de Corpeau en face de Puligny. En voici un qui a passé sa vie en cuve pour plus de fraîcheur. Des senteurs de pot-pourri de grand-mère et de vieilles roses. Digeste et équilibré, vous voici dans le plaisir immédiat.
91/100 11,90€
Rully « Clos des Mollepierres » (19/03/21)
C’est l’une des rares vignes en appellation Rully mais situés sur Chagny. Le domaine le produit également en blanc. Un nez délicatement fumé pour une densité du jus qui se voit dès la robe. Avec ses tanins fondus il se montre digeste et équilibré.
91/100 17€
Récolte 2018
millésime 2018
Les vendanges ont débuté le 5 septembre. Une année riche en tout : qualité et quantité, parfois trop (sic). Les dates de mises en bouteilles sont indiquées après les vins.
VINS BLANCS
Rully « La Martelle » (17/09/20)
C’est le premier millésime de ce blanc situé côté Mercurey. Il a été vendangé deux semaines après le Rully « Mollepierre »! Le caractère du végétal en bouton apporte sa fraîcheur avec une touche d’amande en fleur. Le jus est droit, ciselé avec une saveur finale de poire verte. Prometteur.
91/100 (93/100 potentiel) 19€
Saint Aubin 1er cru « La Châtenière » (24/06/20)
Notre climat préféré est plutôt en forme en 2018! Un doré intense qui s’enrobe d’un parfum d’amandier en fleur, de massepain. Sa densité est celle d’un noyau ferme sur l’amande comme une « tension verte » qui le destine à passer par la cave encore deux ans.
93/100 (95/100 Potentiel) 34€
Saint Aubin 1er Cru « Les Frionnes » (13/08/20)
Sa robe claire est pure tandis que son nez est ouvert sur le fruit blanc. Malheureusement sa bouche est en demi corps : le vin est un peu lisse et peu profond.
86/100 34€
Au vu du nombre de cuvées la famille Roux propose des Bourgognes empreint de modernité qui ont évolué vers des blancs avec plus de fraîcheur et au boisé intégré. Les pinots sont typés et accessibles dès leur jeunesse. Votre plaisir sera à la hauteur de chaque appellation.
Guillaume Baroin
Saint Aubin 1er Cru « Les Castets » (29/06/20)
C’est l’un des 13 premiers crus qu’exploite la famille Roux. Cette micro-cuvée (un seul fût de 400 litres) est représentative de la remise en question des élevages au domaine. D’abord pointu, il s’étale dans la longueur car l’argile blanche du sol donne sa souplesse au jus. Le boisé a disparu au profit d’une chair de pomme Granny Smith. Avec son final relevé par son grain acidulé, on croque et on craque!
96/100 (97/100 Potentiel) 34€
Chassagne-Montrachet (22/07/20)
Un doré doux et parfumé de vanille des îles surgit du verre, un brin sucré et pollen. Ses vignes plantées en 2014 et 2014 pour un vin au fruit jaune aussi charnu que généreux. Si on passait à table?
93/100 43€
Chassagne-Montrachet » Les Morichots » (22/07/20)
Dans ce village bien situé le fond de vin apparait déjà dans une étoile de fleurs jaunes. Sa matière composé de chair et de muscle intègre avec gourmandise son bois neuf. Il sera a son zénith dans un an. Certifié ![]()
92/100 (94/100 Potentiel) 48€
Puligny-Montrachet « Les Enseignères » (27/05/20)
Ce beau terroir situé au pied des Bâtard-Montrachet et des Bienvenues-Bâtard pointe un jus cristallin aux notes d’aubépine et de cerisier en fleurs. Si le nez nous engageait la bouche décoiffant par son manque de verticalité et de tension.
87/100 (88/100 Potentiel) 53€
Meursault 1er Cru « Clos des Poruzots » (22/06/20)
La robe se teinte plus fort dans ce terroir. les reflets solaires narguent un nez enveloppant de vanille et de pollen. De l’attaque mais aussi du fond avec une finale nette pour un vin qui se livrera vers 2024.
94/100 (96/100 Potentiel) 81€ sur allocation
VINS ROUGES
Saint Aubin « L’Ebaupin » (03/06/20)
Ce terroir frais de fond de vallée qui hésite entre la ronce et la mûre enchaine avec une saveur dense et racinaire. Son tannin carré possède juste ce qu’il faut de rusticité pour vieillir avec noblesse.
92/100 (94/100 Potentiel) 21€
Saint Aubin 1er cru « Sur le sentier du Clou »
Notre Coup de Coeur. (28/08/20)
Les Roux défendent le pinot à Saint Aubin. La preuve avec ce premier cru au liquide carmin dense et au nez sensuel de cerise noire. Sa bouche offre un côté « Fixin » par son côté rustique mais noble. Un vin d’hiver pour cet automne.
96/100 (98/100 Potentiel) 25,50€
Santenay 1er Cru « Beauregard » (29/01/20)
Ce terroir existe aussi en version chardonnay chez les Roux. La vigne a depuis été arrachée en 2020. L’ouverture du nez se fait sur le pruneau cuit mais pas surmaturé. Son attaque est tenue souple par un tannin gras qui le rend facile d’accès dès maintenant. On mange quand?
94/100 29€
Aloxe-Corton « Les Boutières » (30/08/20)
Par sa trame à le fois large et ample autour du noyau de cerise et du kirsch ils fiche une profil dentaire fort. C’est une valeur sûre de la cave qui se dévoilera vraiment vers 2023/2024.
90/100 (92/100 Potentiel) 36€
Côte de Nuits Villages « Aux Montagnes » (12/02/20)
On respire ici un vrai concentré de pinot noir! Mariant le fond de vin à un tannin soyeux et gras c’est une pépite liquide que les années en cave vont polir. Avec son final salivant il possède un bel avenir. En cours de conversion ![]()
93/100 (96/100 Potentiel) 21,50€
Vougeot 1er Cru « Les Petits Vougeot » (23/07/20)
Ici, la robe est d’encre. Le parfum est encore « gaufré » par un bois luxueux. Sa texture pleine affiche une vinosité certaine appuyée par son alcool. Attendez 2024 qu’il soit fondu et vous découvrirez un pinot taillé pour les viandes nobles.
90/100 (94/100 Potentiel) 72€
Chambolle-Musigny « Les Athets »
Coup de Coeur (07/07/20)
Ce n’est pas le climat communal le mieux situé de Chambolle mais c’est l’un de nos coups de coeur! Un caviar de vin. Derrière une robe que l’on concentrée, le nez est riche d’une complexité mêlant violette et myrtille. En mode « musclé », ample et épicé par une touche de cannelle on le mâche comme un steak! Un village au potentiel de premier cru. Si vous pouvez patienter encore deux années…
95/100 (98/100 Potentiel) 59€
Chambolle-Musigny 1er Cru « Les Borniques » (10/07/20)
« C’est notre grand cru à nous! » Prévient le vigneron… des fois qu’on aurait envie de mal le juger! C’est vrai qu’il a pour voisin le grand cru Musigny. A la fois épicé et élégant il offre l’onctuosité d’une chair de cerise noire. Dans deux ans on le met a sec. Promis.
94/100 (96/100 Potentiel) 90€

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