Fondé dans les années 50 et officiellement repris en 1991 par Gilles Jayer, ce domaine familial installé à Magny-Lès-Villers sur la « haute frontière » des Hautes-Côtes, entre Côte de Beaune et Côte de Nuits a été racheté par André Hoffman en 2017. Voici le récit de sa mutation.
En bon helvète amoureux des grands bourgognes, André Hoffmann aimait les vins de Gilles Jayer autant que ce vigneron que l’on peut qualifier « d’atypique ». Dans les années 70, choix rare dans un bourg des Hautes-Côtes, les parents de Gilles abandonnent la polyculture alors économiquement de rigueur au profit exclusif de la vigne. A 30 ans, leur fils les rejoint sur le domaine. Avec eux il fera partie des vignerons qui donneront leur lettres de noblesse à cette appellation.
Marié, mais sans descendance, André Hoffmann lui propose d’acheter l’intégralité du domaine. Déjà propriétaire de deux vignobles hors hexagone, le chef d’entreprise saute le pas et parie sur un jeune pour gérer les dix hectares (mais 14 en potentiel de plantation).
C’est Alexandre Vernet, trentenaire à l’expérience très « Hautes Côtes » (Domaine Capitain à Ladoix, Germain à Nantoux et Manuel Olivier à Concoeur) qui se verra adoubé par « Monsieur Gilles », avant que ce dernier ne décéde en janvier 2018. Alexandre sera le visage du renouveau.
Depuis son arrivée en 2017, chaque millésime apporte son lot de mouvement. Alexandre procède tel un peintre impressionniste.
Par touches.
Diminuant ici, le pourcentage de boisé (autrefois de 100%) et l’adaptant selon les cuvées. Elevant là, les chardonnays en fûts de 350 litres. Essayant des contenants de grès en forme d’oeuf ou d’amphores. Introduisant de la vendange entière dans les pinots noirs selon leur profil et le millésime. Vinifiant des cuvées sans soufre…
Cet ensemble de gestes dessine en douceur les contours d’un domaine ancré dans son temps qui à pris conscience des enjeux écologiques et de l’évolution des goûts en matière de vin. André Hoffmann suit de près son protégé avec autant de bienveillance que d’exigence.
Le domaine exporte 80% de ses vins mais là aussi cela bouge. Alexandre et son équipe (dont Nina la femme de Gilles Jayer) n’ont pas attendu la crise sanitaire pour orienter les bouteilles vers le client particulier qui trouvera des cuvées aussi signées que soignées et ce, à tous les niveaux de la pyramide bourguignonne. En commençant par le Bourgogne Aligoté pour terminer par l’Echezeaux Grand Cru.
C’est le moment d’aller respirer l’air revigorant du vignoble des Hautes-Côtes, non?
Récolte 2018 : Les raisins ont été cueillis durant huit jours à partir du mardi 4 septembre. la mise en bouteille s’est déroulée entre juin et juillet 2020.
VINS ROUGES
Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune
Aux notes de ronces répond un boisé frais comme sèveux. Le fruit livre un tannin clair encore marqué par son élevage. Reste un fruit franc à la finale fraîche.
89/100 18€
Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits
Une touche aromatique de vin chaud froid, de sangria avec une pointe de sarment fumé. Pulpeux car charnu, il offre un relief rocailleux. Pour un vin mûr mais pas surmûr.
91/100 19€
Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits « Rosalie »
Le prénom de la femme du propriétaire prend une nouvelle vie sous cette robe au pourpre franc. Son nez exhale le marc frais et le santal. Doté d’une matière musclée autour d’un os tannique froid il faudra l’emprisonner dans une carafe afin de le libérer.
92/100 Indisponible à la vente
Côte de Nuits-Villages
La compote de cassis présente au nez semble être devenue liquide dans le verre. Mais oh, surprise… la bouche est serrée autour d’un tannin ferme et anguleux. Cet assemblage de trois parcelles mériterait de la vendange entière afin de « l’aérer ».
89/100 29€
Nuits Saint Georges 1er Cru « Les Hauts Poirets »
De la prune il a pris l’habit. Quant au nez, il met en avant la myrtille mais on sent venir une pointe de violette à l’aération. Sa texture dense comme crayeuse (on sent le calcaire du sol) relance un fruit épicé très large. Prometteur.
93/100 74€
Avec son second millésime le duo « Hoffmann-Vernet » montre que l’on peut privilégier la buvabilité tout en respectant les terroirs. Leur prochain projet sera le passage en agriculture biologique. »
Guillaume Baroin
Nuits Saint Georges 1er Cru « Les Damodes »
Notre Coup de Coeur
Baigné dans la fraîcheur de son socle minéral, ce climat offre les vertus aériennes d’un pinot noir non polycopiable. Il a parfaitement digéré ces 100% de fûts neufs et ses 40% de raisins entiers. Par son fruit direct et son tannin clair, il associe la classe au chic.
97/100 89€
Echezeaux Grand Cru « Echezeaux du Dessus »
53 ares pour autant d’année de vie en moyenne de ceps! Une partie de vendange entière (40%) sous une robe veloutée. Un parfum soyeux de violette et de graphite venu des 70% de bois neufs. En partant des épaules tannique à la taille il est nervuré et bien balancé. Un vrai souffle d’épices clos sa finale. Attendre 2028.
94/100 190€
VINS BLANCS
Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune
Elevé en tonneaux de 350 litres ce jus or clair livre des senteurs de céréales et de chaume d’été. Le fruit blanc vous parvient franc, intact et laisse la bouche nette. Un plaisir sans fard.
91/100 17€
Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits
Du calcaire nourricier il a emprisonné un liquide jaune pur et le nez de silex frotté. Sa saveur de pollen butine le fruit jaune avec gourmandise. Ses 29% de pinot blanc de soixante ans (pour être précis) lui amène leur gourmandise. Attention! Partage en vue.
90/100 18€
Les vins ont été dégustés par Guillaume Baroin le 25 janvier 2021 au domaine à Magny-Lès-Villers. Prix TTC départ cave.
DOMAINE HOFMANN-JAYER
1, rue du Meix Grenot
21700 MAGNY-LES-VILLERS
+33 3 80 62 91 79
Pour aller plus loin ou prendre rendez-vous : www.hoffmann-jayer.com
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