Dans les Pierres Dorées une famille de vigneron a réinventé le Beaujolais. C’est aujourd’hui un duo frère-soeur qui continue la création.
« On a été élevé pareil! »
Claironne Claire Chasselay dont le surnom est « Clairon ». Et de poursuivre dans un sourire, « Fabien rangeait le bas du lave-vaisselle et moi le haut ». On pourrait résumer à cette phrase la complicité autant que la complémentarité qui lie les enfants Chasselay. Sous leur impulsion le nom est passé de « Domaine Jean-Gilles Chasselay » à Famille Chasselay. Plus qu’un symbole, c’est un acte d’amour des enfants à leur parents que nous allons vous narrer.
claire & fabien, un duo complice à la vigne, à la cave
Chasselay rime avec Beaujolais
Quand on connait un peu cette famille vigneronne on n’est pas surpris de leur attachement au Beaujolais et à leur commune d’habitation. En 1464, un Jean Chasselay, vigneron et propriétaire habitait déjà là où vivent actuellement les Chasselay. En 2021 Jean-Gilles et Christiane fêtent les 40 ans de leur installation. Les manettes ont glissé dans les mains de Claire et Fabien depuis déjà quelques millésimes. Comme un enfant apprend à conduire le tracteur sur les genoux de ses parents… ces moments-là ne s’oublient pas.
Mais les anciens ne traînent jamais bien loin. Ça serait difficile, leur maison est à dix mètres de la cuverie!
les amphores en grès pour une vision sans artifices du gamay
Des paysans autant que des vignerons
Le bon sens leur colle aux mains et la terre aux bottes.
Car ici tout le monde met la main à la terre. Si Fabien avoue une préférence pour le labour et globalement le travail du sol, il laisse sa grande soeur aux vinifications tandis qu’il porte les tuyaux. On repense alors au lave-vaisselle. « Mais cela peut être le contraire » reconnaît taquin Fabien.
Vous aurez compris que les décisions se prennent en famille.
Une migration vers le Nord
A l’instar d’un Jean-Paul Brun, les Chasselay ont commencé leur métier avec leurs Beaujolais sudistes et ont ensuite acheté en raisins des crus au nord de Villefranche-sur-Saône. Au fil du temps certains achats se sont mués en achat de vignes (Brouilly et Côte de Brouilly) pour arriver aujourd’hui à 13 hectares entièrement certifiés en agriculture biologique
depuis 2006.
les pierres en bas, les bouteilles en haut. Tout est dans le bon sens!
Pet nat’ et Cie
Avec un réseau très maillé, les cavistes représentent 75% des ventes de bouteilles. Le Japon et les Etats-Unis fournissent le gros d’un export volontairement limité. Mais le particulier est toujours le bienvenu surtout lors des portes-ouvertes annuelles qui se déroulent au moment du Beaujolais Nouveau. C’est même une institution lancée dès la première année d’installation par leurs parents. Au caveau, pendant que nous dégustions, les clients particuliers s’arrêtent chercher leur commande comme dans une épicerie. C’est dans ces instants là que l’on comprend ce qui lie les Chasselay à leur terre. L’amour de croiser les racines des amoureux du gamay autour de leurs bouteilles.
Reportage & photographies,
Guillaume Baroin![]()
Millésime 2023
2023 débute par le Côte de Brouilly le 5 septembre et s’achève le 18 avec le Beaujolais « La Platière ». « C’est un millésime avec du jus moins alcooleux et plus équilibré que 2022. Une année harmonieuse » selon son auteur.
VINS ROUGES
« Ephémère – Fig 1 » Vin de France
Un rare « blouge » issu d’un gamay sur Fleurie vinifié en macération carbonique associé à un chardonnay des « Eparcieux » et du pinot noir encuvés en millefeuilles… Cela vous donne un grain d’écorce d’orange et de vin chaud. La bouche se pose sur un croquant d’agrume tonitruant. Un sans soufre total intègre et intégral. Cette cuvée créée en 2020 ravira les papilles des buveurs de joie. 19€
BEAUJOLAIS « BEAUJOLAIS IS NOT DEAD »
« La seule cuvée obturée par un bouchon technique afin de stabiliser est conservation » dixit Fabien. Dans sa saveur acidulée de griotte mûre on retrouve la gouleyance impériale du terroir des Pierres Dorées. C’est la meilleure cuvée depuis sa création en 2016! 13€
PET’NAT #23
Né sur les argilo-calaire et argilo-siliceux de Montferrat, il passera six mois sur lattes. On retrouve de la tête au pied la poire verte dans son habit fin de Guyot. De quoi désoiffer les palais les plus difficiles. 14€
dans ses trois derniers millésime la famille Chasselay n’a jamais été aussi aérien dans les parfums, précis et digeste dans les jus. Une famille de producteur que tout amateur de gamay doit déguster plusieurs fois dans une vie
GUILLAUME BAROIN
Millésime 2022
La récolte débute le 25 août par le Côte de Brouilly. Les chardonnays sont coupés en dernier le 9 septembre.
vins rouges
FLEURIE « III »
Un assemblage de trois terroirs sur un hectare. Une voute parfumée ou se croise le calendula, l’orchidée, le lys avec des touches de pierres chaudes. La texture est juteuse en accroche et voluptueuse par sa finale comme un souffle de gamay. 20€
BEAUJOLAIS « LA PLATIERE »
Coup de 

Sous une jupe magenta arrivent à l’aération les fragrances intenses de fleurs mauves : lilas et iris descendent jusque dans la racine. Son enveloppe est charnelle par son fruit noir qui est et sera le fil conducteur de votre plaisir;. Par sa densité, il rivalise sans soucis avec les crus du nord comme un Morgon ou Moulin à Vent. 14€
COTE DE BROUILLY « CHARDIGNON »
Sous un regard noir son volume impose sa force alcoolique de fruits noirs mûrs comme le pruneau mais sans le côté alcooleux en bouche. Un vin de viande mijotée comme une daube provençale. 20€
VIN BLANC
BEAUJOLAIS BLANC « EPARCIEUX »
Mis en mars 2024, il a digéré la rondeur du millésime 18 mois durant. L’entrée en bouche est à la fois ample et fraîche. Sa texture est généreuse comme un chardonnay de la ceinture beaunoise. Essayez-le a l’aveugle. 15€
cette ardoise là ne vous coutera que le plaisir de découvrir un vieux millésime…
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Millésime 2021
Début de la cueillette le 15 septembre par le Côte de Brouilly et fin le 27 septembre. Dernière année du négoce chez les Chasselay.
Brouilly « Les Balloquets »
La robe tendre est comme un ciel rosé d’aquarelle. Ce terroir frais est marqué par saveur tannique froide qui drape la finesse du gamay dans sa salivance. Ici le millésime prend le dessus votre palais. 20,50€
MORGON « CORCELETTE »
Si sa couleur pinote le nez affole le gamay. L’aspect floral végétal prend le nez d’assaut. L’attaque est stricte tandis qu’un tannin serré enveloppe la bouche avec force. Patienter il te faudra, cher buveur de gamay. 20€




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