Le nom de ce domaine ce confond avec les vins de Bourgogne. Mais son propriétaire exploite aussi la vigne dans deux autres régions…
1990, un nouveau départ
Depuis le millésime 1990 le nom de Jacques Prieur est associé à celui d’une femme, Nadine Gublin, l’oenologue du domaine. Elle est également en charge des vinifications de deux autres propriétés de la famille Labruyère : le Domaine Labruyère avec ses vins du Beaujolais du Château du Moulin à Vent et les champagnes J.M. Labruyère, à Verzenay.
Depuis 2008, Jean-Pierre Labruyère a transmis la direction générale des domaines (qui inclue aussi Château Rouget à Pomerol depuis 1992) à son fils Edouard. Martin Prieur, en charge de la commercialisation, habite à Meursault sur le domaine et perpétue le lien avec l’histoire familiale.
Une Bourgogne des deux côtes
Ce domaine bourguignon de 21 hectares (onze en pinot noir et dix en chardonnay) jouit d’un parcellaire exceptionnel commençant avec un village, le Meursault « Clos de Mazeray », un de leurs trois monopoles, mais également quatorze premiers crus dont trois premiers crus de Beaune plantés dans les deux couleurs.
Fait peu courant chez un même producteur.
Enfin, neufs grands crus rouges et blancs forment la pointe d’une pyramide qui rayonne de la Côte de Beaune à la Côte de Nuits. Pour compléter la gamme suite à une forte demande, une structure de négoce créée en 2013 est vendue sous l’étiquette Labruyère Prieur Sélection (LPS dans nos textes) depuis 2018.
Une cave rouge, une cave blanche
Toutes les appellations bénéficient d’un long et bénéfique élevage de deux hivers en fûts ou chaque cépage à droit à sa cave. Nadine Gublin vise chaque année un apport de bois neuf en filigrane qui accompagne sans jamais dominer. Suivent deux mois en masse avant leur mise en bouteille.
Adepte d’une vendange aussi saine que « mûre à point », L’œnologue en chef a progressivement introduit de la vendange entière dans ses pinots noirs, apportant de la fraîcheur dans ces derniers millésimes au profil solaire. Conduit en agriculture biologique depuis l’année 2000 mais sans certification, le domaine a débuté son engagement en conversion biologique et sera officiellement certifié avec le millésime 2023.
Un engagement pour l’avenir qui portera le domaine Jacques Prieur un peu plus près des étoiles.
Reportage & photographies,
Guillaume Baroin
la cave d’élevage des vins rouges aux herbeux à Meursault
Millésime 2021
La récolte commence le 17 septembre par les rouges. Et du 24 au 28 pour les blancs. En moyenne ce sera -60% d’une récolte normale… Le Meursault 1er Cru « Perrières » et le Chevalier-Montrachet fûrent entièrement gelés! Nadine Gublin se confie sur ce millésime hors normes : « Je suis impressionnée par la qualité d’intégration du boisé dans les cuvées. Je le rapproche du 2001 ».
VINS ROUGES
Santenay (LPS)
Un assemblage de premiers crus et de village faute de volume pour deux cuvées. Un rouge épais presque sanguin. Son parfum complexe lie le boisé du santal aux petits fruits rouges. Sa mâche large se ressert sur un carré tannique. Un beau 2021. ![]()
Beaune 1er Cru
En cette année de disette, Grèves, Figuine et Champs Pimonts ne font qu’un. Une triste et bonne cuvée. Un nez de fumé froide de cheminée et de sarments brulés montre que le Champs Pimonts a pris le dessus. Le tannin est souple et aérien. La suavité de sa chair enveloppe la bouche avec panache. ![]()
Pommard 1er Cru « Platière » (LPS)
Un rouge vif pour un nez solide de marc et de pinot frais. Un fruité souple et facile pour une finale sur le végétal froid. Déjà disponible. ![]()
Corton « Bressandes »
Paré d’une rouge croquant au nez fin de kirsch. Sa texture trouve un équilibre entre fruit clair et persistance salivante. De la belle ouvrage. ![]()
Meursault « Clos de Mazeray »
Ce n’est pas parce Meursault compte de rares versions rouges qu’elles sont à chaque fois bonnes. Ici, le Pinto se transcende dans une richesse pleine d’une pulpe de fruit large comme un bloc de marbre. Il faut encore que le temps le sculpte mais le fond est là. ![]()
Chassagne-Montrachet 1er Cru « Morgeot »
Cerise cuite et note pâtissière flirtent sur une robe au carmin franc. Par son tannin charnu le jus montre sapide et laisse la bouche fraîche. Un vin complet. ![]()
Volnay 1er Cru « Santenots » – Coup de 
Dans cet assemblage de jeunes et de vieilles vignes la violette tutoie l’iris. La pureté de jus est comme verticale. Sa saveur sincère met l’appellation en valeur. Le tout dans une persistance magistrale. ![]()
Clos Vougeot
Doté d’un jus rouge comme le sang c’est un « Botox de pinot noir » avec son nez fougueux de fraîcheur fruitée. Un clos énergique actuellement tout ne boule mais en au gros potentiel de vie. ![]()
Gevrey-Chambertin 1er Cru
Cette cuvée intègre des jeunes vignes de premier cru. Un grain typé savoureux porté par une allonge puissante. Une tessiture soyeuse s’étire doucement dans le palais. ![]()
Chambertin Grand Cru
Ou plutôt une « Chambertine » car c’est une vigne de 70 ans dont on parle ici. Une texture franche autant que fraîche par sa saveur d’épices vertes en tunnel. Encore serré il se détendra en cave. ![]()
Echezeaux Grand Cru
Une couverture de jus sanguine pour une fragrance expressive de fruits noirs et de fleurs mêlées. Un véritable grand cru. De ceux qui demandent du temps. ![]()
Musigny Grand Cru
Une robe intense posée sur un toucher de boche qui excite les papilles et hâtent la cavité buccale comme un fruit vivant. A attendre sagement dix ans. ![]()
Dans cette année compliquée à plus d’un titre, Nadine Gublin propose des vins rouges concentrés et énergiques qui iront plus loin que la moyenne. Les chardonnay sont proches des terroirs et ont de l’énergie à revendre.
Guillaume Baroin
VINS BLANCS
Bourgogne
Une porte d’entrée issue du climat des Herbeux, en bordure du domaine. Le nez est su ile bouton floral. Il « meursaulte » en milieu de bouche avec rondeur et charme. Une promesse en partage. ![]()
Meursault « Clos de Mazeray »
Le jaune tendre au léger trouble libère des fruits jaunes du nez à la bouche. Sa texture se dévoile large avant de se resserrer dans une finale ciselée. ![]()
Beaune 1er Cru
La version blanche du premier cru est née d’un assemblage : Figuine, Champ Pimonts et Coucherias ont grandit ensemble. L’or vert chatoyant livre un nez suave d’eau de rose et de fleurs mauves. Sa texture complète est déjà équilibrée. Son fin gaz le dynamise. Prometteur.![]()
Beaune 1er Cru « Grèves »
Affichant un jaune pur et dur, il exhale un petit coté « bouton floral ». Sa matière est portée par un extrait sec. Sa terminaison anisée le rend aussi digeste
Meursault 1er Cru « Santenots »
Coup de 
Une lumineuse robe verte scintille dans le verre. La fraîcheur habite ce vin des pieds à la tête avec un milieu de bouche tellurique qui vous fait tirer la langue. Un potentiel de grand cru! ![]()
Puligny-Montrachet 1er Cru « Les Combettes »
Brillant comme les plumes d’un poussin, le jus offre un vin sphérique qui s’ouvre à l’oxygénation sur la grâce du chardonnay. Son retour salin achève l’ensemble.
Puligny-Montrachet 1er Cru « Champs Gains » (LPS)
Or éclatant aux notes de céréales grillées, de sésame et de noisettes. Un vin à la matière intense, complète et de parfaite maturité. ![]()
Chassagne-Montrachet 1er Cru « Morgeot »
Issu des climats « Tête de Clos » et « Petit Clos » il combine un parfum intern de craies de de calcaire frotté; La gaz le réveille mais inhibe la fin de bouche. Il lui manque de l’élevage.
Montrachet Grand Cru
Vendangé le 25 septembre, il se drape de l’élégance d’un jus or aux reflets gris. Si le nez est à couvert, c’est un bulldozer dans le palais! Il repousse les papilles qui cherchent la salive. Pas encore en bouteille, il mérite de prendre une année de plus au frais. ![]()
Corton-Charlemagne Grand Cru
Confiante, Nadine Gublin le passe après le Montrachet bousculant l’ordre établi. Majestueux par ses fleurs blanches (muguet, lys, lilas) et d’anis étoilé, il génère en bouche une tension solaire portée sur une trame minérale. Sortez-le de sa prison de verre vers 2030 et il retrouvera la parole. ![]()
Les vins ont été dégustés en deux fois. Les vins rouges, le 25 janvier et les blancs le 7 février 2023. Tarifs sur demande au domaine.
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6, rue des Santenots
21190 MEURSAULT
(+33) 3 80 21 23 85
www.prieur.com

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