Emmanuel Rostaing-Tayard, un vigneron bien calé entre ses coteaux


Bien calé entre ses fûts, Emmanuel Rostaing-Tayard garde les lieux avec le sourire. 

Lorsque Emmanuel lance  » Chez nous, dans le sud… » il n’oublie pas que nous sommes bien dans le nord du Lyonnais. Les coteaux du Lyonnais sont sur la bonne côte

A la rencontre des vignes et des hommes

Originaire de Savigny, Emmanuel est fils de paysan.
Dans les monts du Lyonnais, on pratique la polyculture. Né en 1987, il grandi au milieu d’une fratrie de quatre sœurs et s’amuse à dire : « Je fais parti des cas de conflits générationnels ». Aussi prend-il une autre direction. Mais il fini par se lasser de la vie parisienne. 2017 signe le grand retour de l’enfant du pays et de sa reconversion. Il valide un BPREA à Beaune mais à distance. Puis il profite d’échanges avec la Nouvelle-Zélande pour travailler plusieurs mois chez Burn Cottage, une petite exploitation en Biodynamie.

A son retour en 2019, il embauche chez le volnaysien Frédéric Lafarge. Il fait des allers-retours chez Lafarge-Vial à Fleurie. Il y croise alors Pauline Passot sous la direction d’Eddie Lachaux. Emmanuel se nourrit de ses expériences et de ses rencontres. Il s’exclame «  Fred Lafarge est un exemple pour moi, un passionné, un vrai paysan. Comme on n’en croise plus guère en Bourgogne « . La Biodynamie est dans le viseur de notre vigneron.    

 Partir de zéro

L’installation se précipite. Emmanuel débute avec les 2 hectares de son cousin à Savigny.  Il part de zéro ; tout à la main avec sa débroussailleuse. Il croise Jean de Rotalier du domaine de L’Arbuissonnière pendant son BPREA. C’est lui qui héberge sa première vendange en 2020. Dans le Beaujolais, la solidarité fonctionne toujours.Emmanuel travaille seul. Aujourd’hui, il poursuit avec un chenillard pour le travail des sols et un treuil pour les coteaux abrupts. Sa compagne bien que bourguignonne exerce dans les ressources humaines. Cela ne l’empêche pas de s’impliquer et de passer un diplôme universitaire sur l’histoire du vin. Elle participe volontiers à la taille et sait de quoi elle parle pendant les salons. Pour les traitements, il s’appuie sur sa sœur phytothérapeute et utilise des traitements par décoctions de plantes, tout naturellement.

Un vigneron dans l’ombre qui met la lumière sur le terroir des pierres bleues

 » J’ai grandi dans la guerre coteaux-Beaujolais. Amoureux de mon village, j’ai vu les parcelles s’amoindrir. Je suis un résistant sur les coteaux du Récy. Comprendre les terroirs, les vignes, cela demande du temps « 

Emmanuel Rostaing-Tayard, vigneron résistant

 Des Coteaux dans le Beaujo ! 

Dès 2021, Emmanuel passe à huit hectares avec une parcelle de Savigny. Pour cela ; il s’inscrit dans un appel Mimosa et crée ensuite un GFV*. Dès 2022, il récupère 2 hectares à Saint-Romain de Popey.  C’est une enclave granitique de Beaujolais. Le secteur de Savigny en monts du Lyonnais a la particularité d’être planté sur des roches métamorphiques. Ce sont des pierre bleues. Il nous confie posséder trop peu de beaujolais pour le revendiquer. Il l’estampille en Vin de France.


Mais, c’est plus pour le goût amer de l’administration : le cuvage collectif de la  CCVG** lui étant passée sous le nez. L’installation se fait au fil des déménagements… Tout d’abord chez lui à Savigny pour les saisons 21, 22 et 23. Clairement à l’étroit, la multiplication des cuves l’oblige a chercher un site plus adapté. Il trouve son bonheur en terres beaujolaises à Ternand en 2024. Dernières acquisitions, 1,31 hectares de Fleurie en 2024 et 27 ares de Moulin-à-Vent vendangés en 2025. Il exploite officiellement 10 hectares le tout en conversion Ecocert et .

Gamay sans syrah

Le domaine est planté majoritairement en gamay avec un peu de chardonnay. Il produit sept cuvées. On relève l’absence de syrah contrairement au sud des monts du lyonnais. Emmanuel s’explique : « J’ai trop peur de la sous-maturité dans  un secteur situé entre 300 et 600m d’altitude ». Les vins font le plein de caractères, notamment ceux provenant de terroirs volcaniques. Ils n’ont rien à envier à certains crus du Beaujolais.  

Emmanuel préfère être dans ses vignes. Il fini donc par ouvrir une cave à vin à Saint-Bel. Parmi 100 références, nous retrouvons ses vins et ceux de ses copains.  Rendez-vous est donné à L’annexe winery.  

Reportage & photographies,
Stéphane Débarbouillé
Logo les Buvologues

*Groupement foncier viticole
** la communauté de commune de la vallée du Garon inaugure une bâtiment agricole collectif en octobre 2025 à Millery. Il accueille quatre exploitants.  

« J’adore les vinifs avec égrappage partiel. Pour le fruit et la finesse… Je croque dans la rafle. » Malheureusement le millésime 2025 ne fait pas le plein en cave. 2024 doit permettre de faire la jointure. Les vendanges 2024 débutent à Fleurie le 14 septembre. Plus tardifs, les Coteaux du Lyonnais attendront les deux week-end suivants. La différence de maturité atteint quinze jours. Les mises en bouteilles se font courant octobre 2025. Voici les quatre cuvées actuellement disponibles au caveau.

Du graphisme des étiquettes jusqu’au nom des cuvées, ici rien n’est laissé au hasard.   

Coteaux du Lyonnais
Cuvée « Ultréa » 2023

Un terroir d’altitude et une vendange manuelle. Un nez généreux sur des petites baies noires. Elles sont poivrées. Une parcelle frontière entre granite et roche volcanique. L’élevage est marqué mais conforte mâche et longueur. 15,80€

Coteaux du Lyonnais
Cuvée « Le coeur des hommes » 2024

C’est le premier parcellaire historique d’Emmanuel. Il délivre un joli nez de cerise. Un terroir sur pierres bleues et en vieilles vignes. Le vin est plein d’’énergie et fluide sur une finale épicée. 18€

Coteaux du Lyonnais
Cuvée « Au nom de la terre » 2024
Coup de Coup de Coeur

Une parcelle plus basse, plus acide et exposée plein sud. Le millésime lui convient. Un fruit rouge acidulé jusqu’au bout du verre avec une colonne vertébrale. La bouche est persistante et s’étire. Un vin d’une belle fraîcheur. 22,50€

Fleurie 2024
Cuvée « Les gouttes de Dieu » 2024

Issu du lieu-dit « Les Raclets » au sud de la Madone. Le nez combine cerise et pivoine. Puis des notes d’agrumes apparaissent. Une légère pointe d’élevage ne gomme pas son caractère racé. On retrouve ce côté acidulé en bouche. On a envie de se resservir. Une première et déjà un vin signature. 30€ 

Les vins ont été dégustés au domaine le 1er novembre 2025. Tarifs TTC chez nos amis caviste.


1645, route de Sainte-Paule
69620 TERNAND
contact@rostaing-tayard.com 
Port. : +33 07 81 08 25 87

. . . . . . . . .


1, route de Lyon
Place des Brotteaux
69210 Saint-Bel
www.annexewinery.com
annexewinery@gmail.com
Tél : 07 81 08 25 87

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