Morgon, portraits de la colline : DOMAINE DESVIGNES


Une verticale se prépare au domaine Desvignes... (Photo G. Baroin ©)

Si Desvignes s’accorde uniquement au pluriel, ce n’est pas le fruit du hasard. La question  du prénom ne se pose plus depuis belle lurette : Louis et Claude, deux prénoms, deux marqueurs. Un Impénitent ne renonce jamais.

Une histoire de prénom

Dix-huit générations se sont succédées. A vos livres d’histoire… derrière la voûte du portail se cache la mémoire de Morgon.
C’est l’arrière grand-père, Claude-Louis Desvignes qui a véritablement écrit la première page du roman de la famille Desvignes. C’est la route des congés payés qui popularise sa bouteille de Morgon. Ensuite c’est l’après-guerre, les trente glorieuses qui la développeront.

Frère et sœur de Morgon

Au premier abord. Claude-Emmanuelle va droit au but. L’oeil pétillant, le phrasé en rafales. Elle est toujours concise et précise. Louis-Benoît son petit frère est de la même trempe. Il mène ses troupes d’une main de maître et semble aussi habité qu’intarissable sur  le Morgon.
Pragmatique, Claude-Emmanuelle  valide un BTS commerce vins et spiritueux entre Paris et Montpellier. La jeune stagiaire s’expatrie en 2001 dans un domaine viticole à Longisland (USA). Visionnaire, Louis-Benoît le cadet est l’artiste. Avec son BTS en Arts Appliqués (création industrielle) passé à la Martinière, il a l’oeil du graphiste. Il a aussi l’oreille du musicien. Et puis, il a le goût du passionné. 

Tous deux arrivent au domaine entre 2002 et 2004, autant dire qu’ils ont essuyé les plâtres avec des premiers millésimes compliqués. Claude-Emmanuelle raconte : « On a grandi avec la curiosité des vins d’ailleurs« . Ce sont les échanges entre vignerons et aussi les dégustations familiales de nombreuses régions viticoles qui les ont formé. L’éducation, la sagesse de leur père, Louis-Claude a porté ses fruits. Tout comme la relève au domaine qui se dessine à présent avec le même naturel. Ici, les décisions sont collégiales.

Javernières, « Le » terroir de Morgon

Quel beau paysage de 14,5 hectares habite la cave entre les cuvées d’assemblage et les parcellaires. La cuvée « Voûte Saint Vincent » incite a découvrir toute la gamme. Et puis, il y a le lieu-dit  Javernières . Cest le terroir des Desvignes. Osons dire le terroir de Morgon ! « J’aime l’idée d’être spécialiste de son cru » lance Louis-Benoît. Et d’ajouter « On met dans les cuves, ce que l’on veut manger« . Au final, le domaine propose neuf cuvées. Il n’y a plus de bois en cave depuis au moins deux générations. Cuves béton et oeufs sont aujourd’hui la clé d’un jus alliant tension et fraîcheur. C’est l’esprit du gamay.

L’humilité, valeur première

Le métier de vigneron est dur et parfois ingrat. « Quand c’est pas à la vigne, c’est à la cave que cela se complique«  ajoute Claude-Emmanuelle. 2021 est finalement « Un millésime de chez nous » selon son frère avec des conditions météo difficiles et une petite récolte. En cave, les fermentations ont filé droit. la fratrie est à la fois enthousiaste sur ce qu’elle a goûté et inquiet sur le peu de cols qui reste. On a la mémoire courte. Il faut savoir intervenir ou ne pas intervenir. Toujours  avec humilité. « Le Morgon remet l’église au milieu du village » conclue Louis-Benoît.

Pour obtenir des bouteilles, nous conseillons de vous rapprocher des cavistes et restaurants de la région. Le domaine peut recevoir mais n’a pour ainsi dire rien à vendre. Et ce n’est pas le millésime 2021 qui risque d’arranger les affaires des amateurs de Morgon.

Stéphane Debarbouillé


135, rue de la Voûte
69910 VILLIE-MORGON

contact@louis-claude-desvignes.com

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