Millésime Bio 2026 : de moins en mieux ?


Les dégustateurs étaient tranquilles pour apprécier les médailles du Challenge Millésime BIO.

La 33ème édition du salon mondial des vins et boissons biologiques vient de fermer ses portes avec une fréquentation en baisse. Mais il y a des raisons d’espérer...

« Le brassage des régions, la même table pour tous, c’est l’ADN de millésime Bio » commente Patrick Giraud, ancien président du salon. Alors pourquoi, par exemple, regrouper la Bourgogne et la Loire ensemble* ? La réponse nous vient de Jeanne Fabre, la présidente de la commission Millésime Bio ; « Les visiteurs valident le rapprochement des exposants par pays ou région car il leur a permis de dégager du temps pour multiplier les rendez-vous sur les stands. » Ce que nous confirme un lecteur présent au salon, Stevie Bobes, qui apprécie énormément le gain de temps car il ne visitait que les stands des producteurs bourguignons. Il estime avoir gagné une demie-journée en trois jours. Une effet, vu comme ça…

Avec les vins du Challenge Millésime Bio, l’oenothèque bénéficie d’un hall à part. Des tables larges et des allées aérées qui permettent une dégustation rapide et bien organisée. Une formule à conserver qu’il serait bon de rapprocher des parkings pour en faire un vrai premier pas vers les stands. Millésime Bio est le seul salon, à notre connaissance, à proposer de découvrir un producteur par le prisme d’une cuvée. C’est ainsi que nous travaillons en dehors des rendez-vous pris avant le salon. Nous dégustés rapidement des cuvées et si ça « fonctionne » avec notre palais, nous allons rencontrer le vigneron ou la vigneronne sur son stand.

La vaste oenothèque : une formule à conserver mais à rapprocher dans les halls A2 ou B1
qui sont les plus proches des parkings

1 400 exposants dont 14% de nouveaux (contre 1500 exposants en 2025 et 1497 en 2024). Pour faire simple, le salon à a perdu 100 exposants mais en gagné 196 ! Voilà de quoi rassurer les visiteurs en recherche de nouveaux visages comme nous. Cela témoigne aussi du dynamisme de la filière.
8 700 visiteurs dont 22% d’étrangers repentant 50 pays ce qui est stable (contre 9500 entrées en 2025 et 20% d’étrangers/ 9600 entrée en 2024 et 20% d’étrangers). La baisse est importante mais est contrebalancée par la qualité du visitorat comme le soulignent les exposants interviewés.

Au final, ce n’est pas si mal. Car si vous regardez dans le rétroviseur, l’année passée à même époque, le marché international était moins tendu. Le dollar plus haut, les taxes Trump moins élevées qu’annoncées et nous n’étions pas dans une année d’élection en France. Ce qui modère toujours la consommation. Reste que Millésime Bio confirme sa première place de marché professionnel au monde pour les vins et alcools bio.

La bonne idée du salon est de tisser du lien entre les exposants et les visiteurs. Durant les deux soirs du salon une guinguette en mode nocturne permettait de déguster des cocktails réalisés sous vos yeux par une équipe de mixologues. Un food truck permettait de manger un morceau tandis qu’un groupe reprenait des standards pop-rock. Ambiance bon enfant garantie. Yeah ! Vous ajoutez un restaurant et un buffet signé « Cabiron Traiteur » avec des produits locaux et forcément bio. Pour 28€ le menu tout compris nous n’avons qu’à applaudir la bouche pleine. En plus, vous pouvez amener vos bouteilles sur table sans droit de bouchon.

Les Guinguettes ont fait le plein les deux soirs

Au cour des trois jours, le sujet de la difficulté du marché arrive dès le premier verre. Dominique Gruhier, producteur de Chablis et de Crémant de Bourgogne à l’abbaye du Petit Quincy note que le lundi est poussif. « Dès le premier jour on avait des commandes fermes, là, on parle prix mais on sent qu’il faut pas bouger. » Egalement producteur dans l’Yonne sur Saint Bris, Guilhem Goisot est satisfait. « Nous avons des clients qu’on ne voit qu’ici. On vient depuis très longtemps et on ne lâcherait pas notre place (…) C’est un salon important. »

Venu de la Loire, Romain Paire en Côtes Roannaise, confirme : « Depuis qu’on est dans le carré Biodyvin (En 2024, NDLA), on a du monde tout le temps. » Preuve qu’il a raison, il nous a fallut trois passages pour trouver un créneau avec lui. C’est la première édition avec le millésime 2024 pour Vincent Ravaut et son fils Jules venus de la colline de Corton : « Tous les contacts sont bons à prendre. En plus on retrouve des copains vignerons avec qui ont fait des salons. Et puis c’est le sud, ça nous change ». Quoique mardi, le salon fut très arrosé mais par les gouttes de Dieu.

Avec ou sans alcool, les cocktails étaient divins et en plus gratuits !

Jeanne Fabre, présidente de la commission Millésime Bio, dresse son bilan en ces mots : « En tant qu’organisatrice, je suis très satisfaite que le salon ait réussi à maintenir le ratio entre le nombre d’exposants et le nombre de visiteurs dans un contexte de difficultés pour la filière viticole. Les exposants soutiennent par ailleurs la stratégie qui est la nôtre de qualifier le visitorat, en assurant un filtrage précis d’acheteurs potentiels. Au contraire, ils disent préférer des rendez-vous moins nombreux mais plus utiles, car débouchant sur des réelles opportunités de vente. »

Le bio semble moins attirer l’intérêt des médias nationaux qu’il y a encore cinq ans étaient présents en nombre dans la salle de presse. Il faut dire que Wine Paris est à leur pied. Il y a cinq ans l’organisation offrait le repas du midi et l’hôtel aux journalistes. Rassurez vous Les Buvologues paient tout : autoroute, carburant, hébergement et frais de bouche… Ce qui chez nous est un budget !

Et à partir du lundi 2 février découvrez notre sélection des meilleurs vins biologiques !

*hors les groupes biodynamiques Biodyvin et Demeter qui avaient leur carré au coeur du Hall B3

Quand un visiteur un peu éméché vous promet une belle photo, ça donne cela…
Précédent Au domaine des Verchères, on croit au rouge de grand-père en petit-fils !
Suivant Le Château Grand'Grange met le Beaujolais-Villages en lumière

Pas de commentaires

Répondre