« Chanter en Yaourt » : avec ou sans sucre ?


Chaque samedi, Les Buvologues vous proposent de découvrir les origines d’expressions du langage courant qui nous viennent de la cuisine. Et cela ne manque pas de sel…

Le Français est mondialement connu pour son manque d’assiduité à apprendre les langues étrangères ; cela ne l’empêche pas de chantonner les refrains venus d’Amérique en modulant des paroles fantaisistes, professant un joyeux mépris pour une prononciation moins approximative. C’est ce que l’on appelle depuis les années 1950 « chanter en yaourt » !
Mot gagnant au Scrabble, yaourt fait son apparition à la fin du xviie siècle. Francisation du turc yoğurt, le yaourt vient du verbe yoğurmak, « pétrir » ou « faire épaissir le lait ». Terme exotique, il évoque à la fois les forêts bulgares et les steppes sauvages de la route de la soie. On y a inventé la recette du koumys, boisson à base de lait de jument fermenté qui rebuta les palais délicats des premiers explorateurs venus d’Occident.

Autour du monde, il existe toutes sortes de recettes : le « lassi » indien, le « Leben » du Maghreb, le lait « ribot » breton et tant et plus !
S’il est aujourd’hui consommé comme un bon petit dessert quand il est sucré ou aux fruits, il fut autrefois utilisé comme un remède souverain, voire même une médecine pour souverain ! En 1542, François Ier est roi depuis vingt ans ; et il n’est pas dans une forme olympienne. Disons le mot : il a la courante ! Par chance, son allié Soliman le Magnifique lui envoie son médecin personnel, dont l’ordonnance se résume à : « Mangez du yaourt » ! Après avoir glouglouté pendant plusieurs semaines du lait fermenté, le souverain réussit à faire cesser ses problèmes gastriques.

On situe l’invention du yaourt en Bulgarie, et à un certain Grigorov, étudiant du scientifique russe Mechnikov qui au début du XXème siècle travaillait sur l’immunité. Originaire de la région de Sofia, le jeune homme était parvenu à isoler la bactérie avec laquelle macérait le lait qui fermentait dans des jarres de grès, et à prouver son action sur la santé intestinale : d’abord proposé dans les pharmacies, le yaourt est peu à peu vendu en crémerie. Dans les années 1930, l’industriel Isaac Carasso invente le pot de yaourt, lui donnant un nom qui lui rappelle son rejeton Daniel : Danone.

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Extrait de
« 150 Drôles d’expressions de la cuisine qui ne manquent pas de sel »
avec l’amicale autorisation de l’auteure Marcelle RATAFIA

Editions
317 pages, 12,90€

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